La Corée du Nord a intensifié ses essais de missiles, suscitant des inquiétudes internationales et des condamnations de la part des États-Unis, de la Corée du Sud et d'autres nations. Ces tirs, souvent présentés comme des mesures de dissuasion, interviennent dans un contexte de tensions croissantes dans la péninsule coréenne et de préoccupations concernant le programme nucléaire nord-coréen.
Essais de Missiles Balistiques : Une Démonstration de Force
Pyongyang a effectué, un test « crucial » de missile balistique intercontinental, supervisé par son dirigeant Kim Jong-un, visant à renforcer sa dissuasion nucléaire. Kim Jong-un a affirmé que « le tir d’essai est une action militaire appropriée qui répond pleinement à l’objectif d’informer nos rivaux (…) de notre volonté de riposter ». La Maison Blanche a rapidement dénoncé ce tir, s’inquiétant des risques de déstabilisation dans la région.
Le tir a eu lieu quelques heures seulement après que les chefs de la défense des Etats-Unis et de la Corée du Sud ont appelé Pyongyang à retirer ses troupes déployées en Russie en vue d’une éventuelle action contre les forces ukrainiennes. L’armée sud-coréenne a été la première à annoncer avoir « détecté un missile balistique lancé depuis la région de Pyongyang en direction de la mer de l’Est vers 7 h 10 [23 h 10, jeudi à Paris] », en employant le nom coréen de la mer du Japon.
Le ministre de la défense japonais, Gen Nakatani, a précisé que la distance en vol était estimée à environ 1 000 kilomètres, pour une altitude maximale constatée à plus de 7 000 km. Il a ajouté : « C’était le temps de vol le plus long jamais enregistré [pour un missile nord-coréen]. Je pense que c’est peut-être différent d’un missile conventionnel ».
Réactions Internationales et Condamnations
Ces tirs de missiles ont suscité de vives réactions de la communauté internationale. La Maison Blanche a dénoncé ce tir, s’inquiétant des risques de déstabilisation dans la région. Sean Savett, porte-parole du Conseil national de sécurité de l’exécutif américain, a déclaré que « ce lancement constitue une violation flagrante des multiples résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies ».
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En vertu de sanctions prises à l’ONU, Pyongyang a l’interdiction d’effectuer de quelconques essais d’armes recourant à la technologie balistique.
Objectifs et Motivations de la Corée du Nord
Le tir nord-coréen « semble avoir été mené pour détourner l’attention des critiques internationales sur le déploiement de ses troupes » en Russie, a déclaré à l’Agence France-Presse Yang Moo-jin, président de l’Université des études nord-coréennes à Séoul.
La Corée du Nord a récemment renforcé ses liens militaires avec Moscou, le président Vladimir Poutine ayant effectué une rare visite à Pyongyang en juin, pour signer un accord de défense mutuelle avec Kim Jong-un.
La Corée du Nord a affirmé avoir testé avec succès un nouveau "missile hypersonique" destiné, selon le dirigeant Kim Jong-un, à dissuader "tous les rivaux" du pays dans la région Pacifique. Ce "missile balistique hypersonique de portée intermédiaire" est destiné à "renforcer progressivement la dissuasion nucléaire du pays", a déclaré Kim Jong-un. Cette nouvelle arme "dissuadera de façon fiable tous les rivaux de la région Pacifique qui peuvent affecter la sécurité de notre Etat", a-t-il ajouté, cité par l'agence officielle nord-coréenne KCNA.
Kim Jong-un a assuré que « le monde ne peut pas ignorer » la performance de ce missile, estimant qu’il était en mesure de « porter un coup militaire sérieux à un rival en brisant efficacement toute barrière défensive ».
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Implications Régionales et Globales
Le déploiement nord-coréen pourrait « entraîner une escalade des menaces pour la sécurité de la péninsule Coréenne », selon le ministre de la défense sud-coréen, Kim Yong-hyun. Il fait craindre aussi une escalade dans le conflit en Ukraine, deux ans et demi après le lancement de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, lancée par Vladimir Poutine.
La Corée du Sud, une importante exportatrice d’armes, a fait savoir qu’elle étudiait la possibilité d’envoyer de l’armement directement à l’Ukraine en guise de réponse, ce à quoi elle s’opposait jusqu’à présent en raison d’une politique nationale de longue date qui l’empêchait de fournir des armes dans des conflits actifs. Séoul accuse depuis longtemps le Nord d’envoyer des armes pour aider Moscou à combattre Kiev.
Antony Blinken a condamné ce lancement, assurant que Pyongyang recevait des "équipements et des formations militaires" de la part de la Russie. L’actuel président sud-coréen par intérim, Choi Sang-mok, a lui évoqué une "grave menace" à la sécurité régionale.
Développement Technologique des Missiles
Selon KCNA, un "nouveau composé de fibre de carbone" a été utilisé pour le corps du moteur du missile, et "une nouvelle méthode […] a été introduite dans le système de contrôle de vol et de guidage". L’emploi de fibre de carbone dans la fabrication d’un missile permet de diminuer son poids, et par conséquent d’accroître sa portée et sa manœuvrabilité.
Un missile est qualifié d’hypersonique quand il peut atteindre plus de cinq fois la vitesse du son, soit plus de 6 000 km/h.
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Exercices Militaires Conjoints et Réponse Nord-Coréenne
La Corée du Nord a tiré « plusieurs missiles balistiques non identifiés » alors que la Corée du Sud et les Etats-Unis ont commencé leur grand exercice militaire conjoint annuel « Freedom Shield ». Le ministère des affaires étrangères de Pyongyang avait condamné les exercices militaires conjoints entre les Etats-Unis et la Corée du Sud, y voyant une « provocation dangereu[se] qui aggrave la situation » et avait mis en garde contre le risque de déclencher une guerre par « un seul tir accidentel ».
La coopération militaire entre les Etats-Unis et la Corée du Sud suscite régulièrement des condamnations de la part de Pyongyang, dont le gouvernement considère ces exercices comme une préparation à une invasion, et procède souvent à des essais de missiles en réponse.
Perspectives et Défis Futurs
Les analystes voient dans cette démonstration de force, et dans les propos de Kim Jong-un, un signal adressé au futur président américain. Hong Min, analyste à l’Institut coréen pour l’unification nationale, estime qu'il envoie un message clair à l’administration Trump, suggérant que pour engager un dialogue, la position stratégique de la Corée du Nord doit être reconnue.
Selon Hong Min, le tir de missile est destiné à montrer à Washington que l’arsenal nucléaire de Pyongyang est désormais beaucoup plus avancé que lors du premier mandat de Trump (2017-2021). Kim Jong-un "semble vouloir faire évoluer le cadre des négociations, dont l’objectif serait un contrôle des armes nucléaires pour réduire les menaces, plutôt qu’une dénucléarisation", relève-t-il.
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