Le Tir de la Feuille Morte : Technique, Histoire et Influence

Le tir de la feuille morte est un geste technique spectaculaire au football, caractérisé par une trajectoire de balle flottante et descendante, imitant la chute d'une feuille d'arbre. Cet article explore l'histoire, l'exécution, l'influence de ce tir emblématique et son impact sur la culture populaire.

Origines et Histoire de la Feuille Morte

L'origine de la feuille morte remonte aux années 1950. Le terme "feuille morte" décrit une frappe qui chute brusquement, à l’image d’une feuille en automne.

Elle est attribuée à Waldir Pereira, connu sous le nom de Didi, un milieu de terrain brésilien qui a mené le Brésil à la victoire en 1958. Didi a inventé cette technique novatrice pour frapper les coups francs, offrant une alternative aux tirs enroulés ou en force.

À l'époque, il n’y a que deux manières de frapper : contourner le mur par le haut ou par le côté, d’une frappe enroulée, ou en force, sous le mur, à travers celui-ci, un peu au-dessus ou avec de la chance à côté si l’on a suffisamment d’angle. Didi vient inventer une troisième manière de faire terminer le ballon au fond des filets. Il frappe la balle à mi-chemin de différentes techniques.

Didi frappe la balle à mi-chemin de différentes techniques, combinant le cou-de-pied et l'extérieur du pied pour créer un effet unique. Il faut un peu du cou du pied, un petit peu de l’extérieur pour mettre de l’effet. Pas trop haut, mais pas non plus trop bas pour éviter qu’elle ne s’envole dans les nuages.

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Après Didi, le geste ne s'est pas immédiatement démocratisé en raison de sa complexité et du manque de diffusion des images télévisées. Didi est né en 1928, et même s’il connaîtra son apogée à presque trente ans, les foyers du Brésil ne sont pas encore tous dotés d’écrans de télévision. Alors il faudra que le maître trouve ses disciples.

Cependant, son disciple principal, Teofilo Cubillas, a popularisé la feuille morte lors de la Coupe du Monde 1970. À la Coupe du Monde 1970, le meneur de jeu péruvien marquera les esprits, et apprendra la feuille morte. Comment ? Le geste se diffusera, gagnera en notoriété jusqu’à devenir autre chose que la marque de fabrique d’un seul milieu de terrain brésilien, quand même passé par le Real Madrid.

Plus tard, Michel Platini s'y est essayé avec succès. Bientôt, cela sera Michel Platini qui s’essaiera, avec un succès certain, à la feuille morte.

L'Exécution Technique de la Feuille Morte

La feuille morte consiste à frapper la balle à mi-chemin de différentes techniques. Un petit peu du cou du pied, un petit peu de l’extérieur pour mettre de l’effet. La balle est brossée. Lentement, elle flotte dans les airs comme si elle allait s’envoler. Et puis tout à coup, au dernier moment, alors que l’on s’y attend le moins, elle redescend brusquement. Comme une feuille morte tombant de la branche d’un arbre.

Moins le ballon tourne, plus l’effet flottant sera marqué. L’élément clé reste la répétition. Plus un joueur s’entraîne à frapper sans effet, plus il affine son geste.

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Juninho Pernambucano : Le Maître Moderne de la Feuille Morte

Meneur de jeu techniquement habile, Juninho est notamment admiré pour ses coups francs. Juninho est souvent considéré comme le meilleur tireur de coups francs de l'histoire du football, devant des joueurs comme Lionel Messi, Andrea Pirlo, Cristiano Ronaldo, Francesco Totti, Roberto Carlos, Beckham, Nakamura, Mihajlović, Del Piero ou moins récemment Pelé, Maradona, Platini, Rogério Ceni ou Zico. Thierry Henry parle notamment du lyonnais comme « le meilleur tireur de l’histoire, de loin, de très loin ».

Une enquête du journal L'Équipe datant de décembre 2006 a montré que 45 % des buts de l'Olympique lyonnais (alors une des meilleures attaques d'Europe) étaient issus - directement ou indirectement - d'un coup de pied arrêté de son meneur de jeu brésilien. L'Olympique lyonnais n'a d'ailleurs jamais perdu en championnat lorsque Juninho a marqué un coup franc. Les supporters lyonnais du stade de Gerland ont composé une chanson (sur l'air de Live is Life) qu'ils entonnent lorsque Juninho s'apprête à tirer un coup de pied arrêté.

Certains de ces coups francs sont plus souvent cités dans la presse :

  • Le coup franc marqué le 5 novembre 2003 au gardien Oliver Kahn du Bayern Munich, alors considéré comme l'un des meilleurs gardiens du monde, dans le cadre de la phase de groupes de la Ligue des champions 2003-2004. Il s'agit d'un coup franc aux 35 m désaxé pour la lucarne opposée avec un poteau rentrant.

  • Le 3 octobre 2004, dans l'un des derbies les plus marquants entre l'AS Saint-Étienne et l'Olympique lyonnais, il marque un coup-franc au-dessus du mur qui finit dans le petit filet de Jérémy Janot et ouvre le score. Juninho inscrit plus tard un autre but permettant aux siens de l'emporter après avoir été mené 2-1 à quelques minutes de la fin de la rencontre.

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  • Celui inscrit face au Werder Brême le 23 février 2005 lors des huitièmes de finale de la Ligue des champions 2004-2005, à 35 m, légèrement désaxé pour la lucarne opposée.

  • Celui marqué face au Toulouse Football Club en Ligue 1 au printemps 2005 à un peu plus de 30 m après seulement trois minutes de jeu.

  • Le 17 octobre 2006 sur la pelouse du Dynamo Kiev, il place le ballon dans la lucarne sur coup de pied arrêté, parvenant à donner une trajectoire « suspendue et improbable » au ballon, et contribuant ainsi à la victoire 3-0 des siens.

  • Le coup franc marqué face au FC Barcelone au Camp Nou, le 27 novembre 2007 lors de la phase de groupes Ligue des champions 2007-2008, alors qu'il était placé à environ 45 m, avec rebond.

  • Celui marqué face au CS Sedan Ardennes le 7 mai 2008, alors qu'il était placé à 37,2 m. La trajectoire « improbable » du ballon fait qu'il est considéré comme l'un des plus beaux coups francs de Juninho. Seul but du match, il qualifie ainsi l'Olympique lyonnais pour la finale de la Coupe de France 2007-2008.

  • Celui marqué face au FC Barcelone le 24 février 2009 lors des huitièmes de finale de la Ligue des champions 2008-2009.

La Feuille Morte dans la Culture Populaire : Olive et Tom

La feuille morte a également marqué la culture populaire, notamment à travers des œuvres comme Olive et Tom (Captain Tsubasa). Captain Tsubasa, connu en France sous le nom d'Olive et Tom, est un manga de football qui a marqué toute une génération. Au-delà de l'histoire captivante, ce sont les techniques spéciales des joueurs qui ont fasciné les fans. Parmi ces techniques, le Tir de la Feuille Morte est l'une des plus emblématiques.

Dans cette série, Olivier Atton apprend la technique de la feuille morte de Roberto et l'utilise pour la première fois contre l'équipe de Hirado. La technique du Tir de la Feuille Morte a été apprise par Olivier auprès de Roberto. Bien que ce dernier l'ait maîtrisé seul après le départ de son mentor au Brésil, Olivier l'utilise pour la toute première fois lors du match opposant la Newteam à l'équipe de Hirado menée par le colosse Clifford Yuma.

Dans Captain Tsubasa, le Tir de la Feuille Morte est l'une des techniques spéciales emblématiques, aux côtés du Tir du Tigre de Mark Landers et de la Catapulte Infernale des frères Derrick.

Autres Techniques Spéciales Mémorables de Captain Tsubasa

Outre le Tir de la Feuille Morte, Captain Tsubasa regorge de techniques spéciales qui ont marqué les esprits :

  • Tir du Tigre: Cette frappe de mule mise au point par le bouillonnant attaquant Mark Lander permet au ballon de traverser à toute vitesse les murs défensifs dressés par ses adversaires. Sa puissance est telle qu'elle projette même le valeureux gardien Alan Crocker au fond de ses propres buts.

  • Catapulte Infernale: Les jumeaux Derrick sont de loin les joueurs les plus inventifs de la série. Parfaitement complémentaires, les deux frangins disposent d'un arsenal de techniques étonnantes, la plus connue étant leur Catapulte infernale : l'un des Derrick s'allonge sur le sol pour mettre à son équipe de prendre appui sur ses jambes pour se propulser dans les airs et survoler la défense adverse.

  • Tir des Jumeaux: Une autre technique célèbre des Derrick est leur Tir des jumeaux, une frappe effectuée simultanément par les deux joueurs : l'effet du ballon rend alors impossible au gardien adverse toute anticipation.

  • Tir du Faucon: Le Tir du faucon, souvent confondu avec le Tir du faucon de Callahan, est la technique spéciale du jeune attaquant Patrick Everett; cette une frappe en force à la précision chirurgicale finit très souvent au ras du poteau des cages.

  • Tir en Triangle: Le Tir en triangle des frères Derrick est, comme son nom l'indique, une technique qui se compose de trois étapes : 1) un joueur s'appuie sur le poteau adverse pour se propulser dans les airs; 2) en retrait, son coéquipier lui adresse un ballon en chandelle ; 3) d'une tête piquée, le joueur en l'air lui renvoie la balle dans les pieds afin que ce dernier puisse frapper en pleine course depuis la surface de réparation.

Tableau Récapitulatif des Techniques Spéciales de Captain Tsubasa

Technique SpécialeUtilisateurDescription
Tir de la Feuille MorteOlivier AttonTir appris de Roberto, maîtrisé seul après son départ.
Tir du TigreMark LandersFrappe puissante capable de traverser les défenses.
Catapulte InfernaleFrères DerrickUn joueur propulse son coéquipier dans les airs.
Tir des JumeauxFrères DerrickFrappe simultanée des deux joueurs avec un effet imprévisible.
Tir du FauconPatrick EverettFrappe puissante et précise qui frôle souvent le poteau.
Tir en TriangleFrères DerrickCombinaison acrobatique en trois étapes avec appui sur le poteau.

Autres Façons de Tirer au Football

Quoi de plus important que de savoir tirer pour jouer au foot ? Cela peut paraître comme une évidence mais peu de joueurs maîtrisent vraiment les différentes manières de frapper et les utilisent à bon escient. Chaque tir a sa spécificité et doit être utilisé lors d’une situation précise. Pour vous aider à assimiler le tir dans toute sa splendeur, Ilosport vous décortique sept façons de tirer.

Pour commencer, le tir est avant tout un geste technique. Chaque détail compte et ne doit pas être négligé. Le premier facteur qui entre en compte est cognitif, soit analyser la situation en observant vite ce qui se passe autour de soi - le positionnement du gardien et des défenseurs, où se situe le ballon et le but - puis agir en conséquence tout en anticipant la trajectoire du ballon et son point de chute. Le deuxième facteur s’assimile à l’activité motrice soit la coordination nécessaire pour frapper le ballon comme souhaité ainsi que l’ajustement de la foulée à l’approche de l’impact. En dernier lieu intervient le facteur décisionnel et donc l’action de tirer.

L’exécution d’une frappe se décompose généralement de la même façon. La jambe de tir se lance de l’arrière vers l’avant tandis que l’autre jambe se bloque pour servir d’appui. On passe ainsi d’une flexion à une extension complète de la jambe de frappe sur la cuisse mais aussi à une flexion de la cuisse sur le tronc, les bras ainsi que les autres membres supérieurs vont servir pour l’équilibre au moment de l’impact. Pour maîtriser les différentes façons de frapper, l'entraînement demeure obligatoire comme la répétition.

  • L’intérieur du pied: Les surfaces de contact se situent autour de l’arrête interne du pied. L'intérieur du pied est utilisé pour des frappes très précises. C’est pour cette raison que les passes sont principalement réalisées de l’intérieur du pied. Lorsqu’on frappe de cette manière, la puissance est limitée mais cela au profit de la précision. D’où la fameuse expression: « Plat du pied, sécurité ! » En tirant de l’intérieur du pied, il est possible de donner un effet brossé au ballon. Un des adeptes et spécialistes de ce genre de frappe est Thierry Henry, dont le tir enroulé avec l’intérieur du pied était quasiment une marque de fabrique. Il est donc conseillé d’effectuer un intérieur du pied lorsqu’on est proche du but, lors d’un face à face avec le gardien notamment.

  • Le tir du cou-de-pied: La surface de contact est l’axe médian du pied (la partie supérieur du scaphoïde soit le dessus du pied). Le tir cou-de-pied permet de frapper de manière sèche, quasiment sans effet (la trajectoire du ballon est rectiligne). Le tir du cou-de-pied permet une meilleure transmission de vitesse du ballon grâce à des alignements segmentaires (tronc, jambe, cuisse, pied et ballon). Ainsi toute l’énergie de frappe du ballon se transforme en énergie cinétique qui va rendre les tirs extrêmement puissants. Les tirs du cou-de-pied sont donc à effectuer lorsqu’on est loin du but mais peuvent également s’avérer fatals dans la surface de réparation. À noter que les reprises de volées sont, dans la plus part des cas, réalisées en cou-de-pied.

  • Le tir mi-cou-de-pied mi-intérieur du pied: La surface de contact se situe entre le métatarse et l’hallux (le gros orteil). Cette façon de frapper est le meilleur compromis entre la puissance (d’un tir cou-de-pied) et la précision (d’un intérieur du pied). Ce tir permet de varier les effets et effectuer différents styles de frappe comme le lob, le tir en rupture ou le tir en feuille morte. Cette façon de tirer fait en quelque sorte la part belle à la créativité car il permet de donner des trajectoires complètement variées à la balle. Par exemple, les tirs de David Beckham effectués avec cette partie du pied sont différents de ceux de Juninho qui diffèrent aussi de ceux de Ronaldo malgré quelques similitudes.

  • Le pointu: La surface de contact se situe au niveau des épiphyses distales des phalanges. Le pointu n’est pas la manière de frapper la plus gracieuse mais il peut s’avérer efficace. Souvent utilisé en dernier recours, lorsque les défenseurs reviennent vite et qu’on n’a pas vraiment le temps d’armer une frappe ou lorsqu’on arrive en bout de course, le pointu sert simplement à pousser le ballon au fond du but le plus rapidement possible. Le pointu doit être utilisé à faible et moyenne distance du but. Le modèle de référence est le pointu réalisé par Ronaldinho contre Chelsea.

  • L’extérieur du pied: Les surfaces de contact sont l’arrête externe du pied, le quatrième et cinquième métatarsien ainsi que les phalanges. Le tir de l’extérieur du pied donne un effet latéral au ballon. Il est sans doute le tir le plus difficile à réaliser et aussi le plus approximatif. Peu de joueurs le maîtrisent et le réalisent même si le joueur portugais Quaresma en a fait sa spécialité. L’extérieur du pied le plus marquant reste toutefois celui effectué par Roberto Carlos en 1997 contre la France. L’extérieur du pied se réalise généralement lorsqu’on est loin du but car les muscles sollicités lors de son exécution sont proches de la frappe du cou-de-pied.

  • Le talon: La surface de contact est le calcanéus (talon). Le tir du talon se réalise principalement dans la surface de réparation en déviation comme Madjer ou comme Zlatan Ibrahimovic, qui a carrément réinventé le geste. La mécanique classique de la frappe, d’arrière en avant, est inversé lorsqu’on réalise une talonnade.

  • La tête: Le tir de la tête est un moyen efficace de marquer un but sur un coup de pied arrêté. Il nécessite un timing parfait. Une prise d’élan accompagnée d’un saut rend le tir de la tête plus puissant. L’appréciation ou lecture de la trajectoire du centre reste primordiale comme le moment de l’impulsion et la détente. Frapper le ballon du front permet une meilleure précision même si certains joueurs préfèrent effectuer une tête avec le crâne. L'Espagnol Carles Puyol, malgré une taille moyenne (1,78 m), est une référence en ce qui concerne le jeu de tête.

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