Le Fort Lachaux, témoin d'une époque révolue, se dresse à la limite des communes de Montbéliard et de Grand-Charmont. Son histoire, intimement liée à la défense de Belfort, a connu des transformations majeures, le menant d'une forteresse militaire à un lieu de loisirs et de découverte.
Un élément clé de la défense de Belfort
Construit entre 1876 et 1878, le fort Lachaux faisait initialement partie de la place forte de Montbéliard. En 1906, il fut intégré à la place de Belfort en tant que fort avancé. Sa mission principale était d’empêcher le contournement par le sud de la place-forte de Belfort et de contrôler les passages de la Savoureuse au nord et du Doubs au sud. Il complétait ainsi la ceinture fortifiée de Belfort, tout comme le fort du Mont Bart. Ces deux positions fortifiées devaient empêcher le contournement de la place de Belfort, en surveillant les vallées du Doubs, de la Savoureuse et les moyens de communication qui mènent à Besançon.
Sa position élevée, à 410 mètres d'altitude, au sommet d'une colline, lui permettait de surveiller les trouées formées par le Doubs et la Lizaine. Du haut du fort (497 m), on jouit d'une superbe vue à 360° sur le Pays de Montbéliard, les Vosges et le Jura (table d'orientation).
Architecture et équipements
Le fort Lachaux présentait une architecture typique des forts Séré de Rivières, avec une enveloppe en forme de grand triangle étiré. Le centre du réduit était occupé par une cour. Il comprenait deux magasins à poudre disposés côte à côte, entourés d'un couloir de ventilation circulaire. Le casernement était divisé en deux parties pouvant loger plus de 700 personnes. Il comprenait également une infirmerie pour 20 malades. L’alimentation en eau était assurée par deux citernes d’une capacité totale de 280 m³ et par deux puits. La boulangerie possédait un four de 220 rations.
Son armement était renforcé par 4 batteries d’artillerie. Il était conçu avec des doubles de contrescarpe, et une usine électrique devait y être installée. Le projet d'armement comprenait, entre autres, quatre canons de 90, de deux mortiers de 22 et de deux mortiers de 15, ainsi que quatre canons de 90, de deux mortiers de 22 et de deux mortiers de 15. Il était également prévu d'installer des cuirassements blindés (tourelles de 155 mètres de portée) et trois observatoires cuirassés. Le projet avait été évalué à 3 075 000 Francs-or (8 579 250 €).
Lire aussi: Sécuriser vos armes à feu légalement
L'enveloppe était également entourée d'un fossé qui venait se raccorder au fossé du réduit aux saillants I et V. L'arrière de l'enceinte de l'enveloppe présentait des créneaux de fusillades permettant la défense du pont et du fossé. Au saillant V, une caponnière simple assurait la défense du fossé sud-est, flanquée de deux chambres latérales. Une poterne à porte basculante donnant dans le fossé extérieur avait été aménagée. Le fossé présentait une série d'arceaux de décharge qui forment une construction ressemblant aux antiques aqueducs romains. Un tunnel (élément rare dans les forts Séré de Rivières) permettait la circulation des spécialistes.
Du déclin à la renaissance
Après la Seconde Guerre mondiale, le fort fut laissé à l’abandon et en grande partie arasé au début des années 70 pour y installer des baraquements destinés aux logements des ouvriers des usines Peugeot. Après la destruction d’une partie de ces logements en 1987, la ville de Grand-Charmont y implante un centre de loisirs.
En 2017, une ferme d’animations accueillant 150 animaux s’y installe, et l’offre touristique est complétée en 2018 par l’intégration à 6 circuits de randonnées. De nos jours, le Fort Lachaux est aussi occupé par une ferme pédagogique et deux enveloppes sont occupées par un escape game. Il a été classé récemment comme site remarquable par Pays de Montbéliard Agglomération.
Le Fort Lachaux aujourd'hui : un lieu de loisirs et de mémoire
Aujourd'hui, le fort Lachaux est un lieu de loisirs et de découverte. La ferme d'animation propose de nombreuses animations pour les scolaires, mais aussi à destination du grand public. Le fort peut occasionnellement être fermé pour des raisons d'entretien ou de préparation de spectacles à venir.
Malgré les transformations qu'il a subies, le fort Lachaux conserve des vestiges de son passé militaire. On peut encore observer l'enveloppe, ainsi que le fossé ouest, même si les fossés ont été comblés. Des photographies réalisées en janvier 2011 témoignent de l'état des lieux à cette époque, montrant les structures encore présentes, enfouies sous terre.
Lire aussi: Coffre-fort carabine : ce qu'il faut savoir
Le fort du Bois d’Oye, situé à Bermont, avait pour mission de prêter main forte au fort Lachaux côté Montbéliard et d'assurer la défense des intervalles entre les forts de Vézelois et du Mont Vaudois.
Le Club de Tir du Fort La Chaux est une association de bénévoles dont le but est de faciliter à ses membres l'accès à la pratique du tir sportif de loisir et/ou de compétition au sein de la fédération Française de Tir.
Vestiges militaires et circuits de randonnée dans la région
La région autour du fort Lachaux offre également d'autres opportunités de découvrir des vestiges militaires et de profiter de la nature. Plusieurs circuits de randonnée permettent d'explorer ces sites historiques :
- Champ de tir de Pfalzweyer (parcours 1 et 2) : Ces balades commentées, d'environ 4 km, permettent de visiter et de découvrir le champ de tir de Pfalzweyer, grâce aux commentaires de Théo Schmidt, un habitant de Pfalzweyer et membre de la Société d’Histoire d’Alsace Bossue.
- Graufthal - champ de tir Pfalzweyer : Une balade familiale de 16.4 km, avec un dénivelé de 461m.
- Soultzerkopf #1 : Un tracé de 2.8 km avec un dénivelé de 110m.
- Les fortifications sud du Donon : Une balade commentée de 11.4 km avec un dénivelé de 306m.
- Sentier des Bunkers à Burnhaupt-le-bas : Un tracé de 10.9 km permettant de découvrir des bunkers allemands qui délimitaient autrefois la ligne de front durant la Première Guerre mondiale.
- Fort de Bessoncourt : Un tracé de 1.6 km pour découvrir ce fort érigé entre 1883 et 1886, qui a connu de nombreuses modernisations au fil du temps.
- Fort du Bois d'Oye ou fort Eblé à Bermont : Un tracé de 1.3 km pour découvrir ce fort Séré de Rivières, dont la construction s'est déroulée en deux phases, de 1883 à 1887 puis de 1909 à 1913.
Lire aussi: Règles et tradition de la Boule de Fort
tags: #Tir #Fort #Lachaux #histoire
