L'Union de Reims Tir : Histoire et Patrimoine

L'histoire du tir en France est une tradition séculaire, ancrée dans la pratique des jeux de l’arc et de l’arbalète, encouragée par le Roi Charles V dès 1369. Cette passion a conduit à la création des premières sociétés de tir en 1866, organisant des compétitions à différents niveaux. L'Union des Sociétés de Tir a fusionné en 1967 avec la Fédération Française de Tir aux Armes de Chasse pour former la Fédération Française de Tir (FFTir), une association régie par la loi de 1901, regroupant tous les clubs de tir français.

Les Origines du Tir Sportif en France

En France, le Roi Charles V promulgue en pleine guerre de Cent Ans, un édit du 3 avril 1369, recommandant la pratique des jeux de l’arc et de l’arbalète. Cette tradition, qui ne s’est jamais démentie au cours des siècles, a conduit en 1866 à la création des premières sociétés de tir, déjà organisatrices de championnats départementaux, régionaux, puis nationaux, à l’instar de nos clubs actuels.

La pratique du tir a continué à se développer jusqu'en 1914. Cependant, après la Première Guerre mondiale, le décret-loi du 18 avril 1939 réglementant l’acquisition et la détention des armes a découragé de nombreuses personnes, freinant temporairement l'essor de ce sport. Malgré cela, le tir sportif a su se maintenir et se développer. Actuellement, près de 228 000 licenciés pratiquent le tir sportif dans 1 687 clubs à travers la France.

L'Émergence de la Fédération Française de Tir (FFTir)

Le 15 mars 1967, l’Union des Sociétés de Tir fusionne avec la Fédération Française de Tir aux Armes de Chasse pour devenir la Fédération Française de Tir (FFTir). Juridiquement, la fédération est une association régie par la Loi de juillet 1901 qui regroupe l’ensemble des clubs de tir en France.

Un Stand de Tir Insolite dans les Sous-Sols de la Gare de Reims

La gare de Reims, bien plus qu'un simple lieu de passage, est un véritable témoin du passé, un morceau d’histoire bien vivant. En réalité, elle dissimule plusieurs secrets méconnus qui valent la peine d'être révélés. Parmi ces secrets, on trouve un stand de tir insolite dans ses sous-sols, utilisé par l’Union Sportive des Cheminots de Reims.

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L'arrivée du chemin de fer à Reims remonte à 1854, sous les yeux de Napoléon III, mais à cette époque, il n’y avait pas encore de gare pour accueillir les voyageurs. Ce n’est qu’en 1858, avec l’ouverture de la ligne Reims - Rethel, que la gare commence à fonctionner. Cependant, son inauguration officielle n'a lieu qu'en 1860. À ses débuts, l'emplacement de la gare n'était même pas celui que l’on connaît aujourd'hui.

Un fait surprenant réside dans le processus de choix du lieu. La commission chargée de désigner l'emplacement a fait preuve d’ingéniosité en utilisant des toiles peintes en trompe-l'œil pour simuler la gare à l’échelle réelle. Ces œuvres servaient à visualiser, grandeur nature, la gare envisagée sur le terrain. Cela a permis de se rendre compte qu’un autre emplacement était finalement plus adapté. Et ainsi, la gare de Reims fut installée à l’endroit où elle se trouve aujourd’hui, au cœur de la ville, à quelques mètres seulement de la place d'Erlon, un lieu central.

L’architecture de la gare, un bel exemple de l’art de la fin du XIXe siècle, mérite d’être admirée. Sa façade imposante s'étend sur 105 mètres de long et domine la place. Cependant, la gare a aussi connu des périodes difficiles, notamment en 1917, lorsqu’elle fut endommagée par des bombardements allemands pendant la Première Guerre mondiale. Heureusement, elle fut restaurée pour préserver son charme.

Mais ce qui fait véritablement la singularité de la gare de Reims, ce sont les secrets qu’elle renferme sous sa surface. En effet, sous le bâtiment se cachent des galeries et des tunnels, qui furent utilisés comme abris anti-aériens pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces espaces avaient même été envisagés, au cours de la guerre froide, pour être transformés en abri anti-atomique, un projet qui n’a cependant pas vu le jour.

L'Union Sportive des Cheminots de Reims et son Stand de Tir

Un autre secret peu connu de la gare de Reims est la présence d'un stand de tir dans ses sous-sols. Ce lieu insolite est utilisé par l’Union Sportive des Cheminots de Reims, un petit club de tir fondé en 1973. À l'origine réservé aux cheminots, le club est désormais ouvert au public. Ce stand se trouve dans une cave voûtée qui servait auparavant à stocker le charbon destiné à alimenter la chaufferie de la gare.

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Un cheminot passionné par le tir a eu l’idée, dans les années 1970, de transformer cette cave en espace dédié à son sport. Après avoir nettoyé et aménagé l’endroit avec ses collègues, cinq postes de tir, une salle d'armes et un vestiaire ont été créés. Le stand est désormais homologué par la Fédération Française de Tir, et il accueille des pratiquants de tir au pistolet et à la carabine à plomb sur une distance de 10 mètres.

L’originalité de ce lieu réside aussi dans le fait que les tireurs, bien qu’à peine dérangés par le bruit des trains, entendent parfois le roulement des valises des voyageurs qui passent juste au-dessus, dans le hall. La cave est effectivement une ancienne chaufferie, ce qui explique ce climat agréable pour les tireurs. Mais attention, contrairement aux caves à vin de la région, il est préférable de ne pas porter de veste avant de pratiquer le tir !

Le Stand de Tir de Tinqueux et les Jeux Olympiques de 1924

En juin 1924, les Jeux olympiques se tenaient à Paris. Le stand de tir de Reims se situe à Tinqueux. Suite à la destruction pendant la guerre de 1914-1918, du stand « Le Tir aux pigeons » du Faubourg Cérès à Reims, la construction d’un nouvel équipement était en projet. Et c’est sur Tinqueux, au lieu-dit La Haubette, que l’architecte Hippolyte Thomasson jetait son dévolu en 1923. Des installations particulièrement modernes pour l’époque : 50 cibles à 200 mètres, 25 à 300 mètres et 20 à 50 mètres. À droite du pas de tir existait une immense salle de culture physique qui était employée pour les banquets et permettait de réunir plus de 750 couverts. Idéale pour les manifestations olympiques…

Quelques arguments qui poussèrent les organisateurs des JO de l’époque à cibler ce nouveau stand de tir… Il était alors décidé d’organiser à Tinqueux l’épreuve de la carabine à 50 mètres. Cette épreuve rémoise donna lieu à une des plus magnifiques compétitions de l’histoire du tir. Le record du monde était cette année-là de 393 points sur un maximum de 400. Or, au cours de la compétition, trois tireurs égalisèrent ce record et trois autres le battirent, dont l’un, le vainqueur, le Français Pierre Coquelin de Lisle, avec un total formidable de 398 points, approchant de 2 points le maximum. Ce qui faisait de lui le champion olympique et le recordman du monde.

La France prenait également grâce à lui la première place au classement par nations, devant les États-Unis et la Suisse.

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Hippolyte Thomasson et le Patrimoine Architectural du Tir

Imaginé par Hippolyte Thomasson, le stand de tir vient d’être inscrit aux Monuments historiques. « Grand-père ne se faisait jamais valoir. Bien sûr, je savais qu’il avait été architecte, j’avais entendu parler de Fismes, Le Thour, Tinqueux où il avait travaillé, mais dans mon esprit de gamin, ça ne voulait pas dire grand-chose », se souvient Michel, petit-fils d’Hippolyte Thomasson à qui l’on doit notamment le stand de tir de Tinqueux qui vient d’être inscrit au titre des Monuments historiques.

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