Histoire et types d'armes à feu américaines

La passion des États-Unis pour les armes à feu est profondément ancrée dans l'histoire du pays, remontant à la conquête de l'Ouest. Le philosophe américain Robert Pippin souligne que les armes étaient un élément central de l'histoire américaine, en particulier de la conquête de l'Ouest. Au XIXe siècle, de vastes territoires américains ont été colonisés, mais il n'y avait pas d'ordre juridique établi. Les services de police étaient très rudimentaires, obligeant les Américains à s'armer pour se défendre.

Les origines des armes à feu

L'histoire des armes à feu remonte à plusieurs siècles. Au VIIe siècle, le feu grégeois, un mélange visqueux de poix, de naphte et de soufre, était utilisé pour attaquer les ennemis. Au VIIIe siècle, les Chinois ont inventé la poudre noire, un mélange de salpêtre, de soufre et de charbon de bois. Vers 1150-1200, les Arabes ont utilisé la poudre noire pour créer le Madfaa, un canon rudimentaire à main qui propulsait une flèche trapue à courte distance.

En Europe, la poudre noire a été redécouverte vers 1280, conduisant à la création de pots de fer à « traire garrot », des canons primitifs qui propulsaient de grosses flèches appelées « Garrot ». En août 1324, une bombarde a été utilisée pour la première fois en France lors de l'attaque de la ville de la Réole.

Vers 1370, l'hacquebute, un canon à croc, a été inventée. Elle était destinée à être utilisée en crochetant un mur ou une palissade avec son croc de fer. Elle comportait un long fût de bois et un canon de fer court. À partir de cette époque, les balles rondes en plomb étaient enveloppées dans un petit carré de tissu graissé appelé « Canepin » pour les caler. Vers 1450, les « gargousses », ancêtres de la cartouche, sont apparues.

Le « Pétard », décrit depuis le XIIIe siècle, était une bombe remplie de poudre noire utilisée pour faire sauter des portes ou des palissades. Vers 1460 à 1660, l'arquebuse, ancêtre des carabines, mousquets et fusils, a été développée. La mise à feu était faite par un « serpentin » en fer tenant une mèche.

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Vers 1510-15, la platine à « rouet » a permis un allumage sans mèche. En 1520, l'arquebuse à canon rayé a été inventée, améliorant la précision de l'arme. Le mousquet est apparu, et vers 1520, une forme très réduite de l'arquebuse à rouet, le pistolet, a été créée.

Puis vint la platine dite à « Miquelet » inventée vers 1600 en Espagne, dont le mécanisme est extérieur.

En 1728-40, la cartouche de guerre en papier a été généralisée en France. En 1763, la crosse du fusil réglementaire français a été modifiée en crosse droite. En 1766, le poids du fusil a été allégé et le chien a été renforcé.

En 1808, Alexandre John Forsyth a conçu la première platine à percussion par chien. En 1812, Jean Samuel Pauly a présenté le premier fusil à canon b…

L'évolution de l'industrie américaine des armes à feu

La société américaine Smith & Wesson a été créée en 1852 par Horace Smith et Daniel B. Wesson. Elle s'appelait initialement Volcanic Repeating Arms Company, en référence aux pistolets et fusils Volcanic qu'elle fabriquait. L'année suivante, les deux associés ont racheté le brevet portant sur le chargement des culasses par l'arrière. Au même moment, le brevet déposé par Colt sur le revolver à barillet est tombé dans le domaine public. La conjonction de ces deux événements leur a permis de concevoir le Smith & Wesson Model 1.

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Entre 1870 et 1874, l'armée américaine a commandé 28 000 exemplaires du Smith & Wesson Model 3. Une version modifiée a même été créée quelques années plus tard pour l'armée russe, qui en a commandé 131 000 exemplaires. En 1887, le Smith & Wesson Safety Hammerless, revolver à double action et à chien non apparent, a été créé. Smith & Wesson a longtemps fourni le FBI en revolvers et pistolets automatiques. Un modèle a même été créé spécialement pour ses agents : le Smith & Wesson Model 1076.

Armes à feu et conflits : La guerre de Sécession

La guerre de Sécession (1861-1865) a été un moment clé dans l'évolution des armes à feu. Alors qu'au début du XIXe siècle, le fusil standard était un mousquet à silex, en 1861, le fusil réglementaire de l'infanterie fédérale était le Springfield modèle 1855, une arme moderne avec une platine à percussion et un canon rayé.

La balle Minié, une nouvelle munition cylindro-conique, a été introduite. Lorsque la charge de poudre explosait, les gaz pénétraient dans la chambre creuse à l'arrière de la balle, dilatant l'arrière de la balle et la forçant à suivre les rayures du canon. Cela stabilisait la trajectoire de la balle et augmentait sa vitesse initiale, rendant le tir plus précis et plus loin.

Ces performances accrues ont fait du fusil rayé d'infanterie une arme particulièrement meurtrière. Plus de 90 % des blessés nordistes l'ont été par balles. La balle Minié causait de terribles blessures, nécessitant souvent une amputation.

Le rechargement d'une arme par la bouche était un processus complexe. Les cartouches contenaient à la fois la charge de poudre et la balle. Il fallait verser la poudre dans le canon, introduire la balle, puis tasser le tout avec la baguette. Ensuite, il fallait placer une capsule à percussion.

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Au bout du fusil, on trouvait la baïonnette. Le sabre-baïonnette était à la mode, mais il n'était pas toujours très apprécié à cause de son format encombrant.

Si le Springfield modèle 1855 constituait le fusil réglementaire au début de la guerre, il n'avait pas été produit en quantités suffisantes. Les arsenaux renfermaient de grandes quantités de fusils plus anciens. L'amélioration des armes à feu a été rendue possible par l'industrialisation, qui a permis la fabrication de pièces standardisées et interchangeables.

En 1861, le département de l'armement de l'armée fédérale a modifié le Springfield modèle 1855 pour le simplifier et en faciliter la production à grande échelle. Ainsi est né le Springfield modèle 1861, qui constituera le fusil standard de l'infanterie nordiste durant la guerre. La Confédération en a produit des clones. Le fusil Enfield modèle 1853 a été largement utilisé, en particulier par les Confédérés.

La cavalerie américaine combattait davantage comme une infanterie montée, se déplaçant à cheval mais se battant fréquemment à pied. De ce fait, l'arme de prédilection du cavalier de la guerre de Sécession était sa carabine. La carabine est un fusil allégé et raccourci.

Dans les années qui précèdent la guerre de Sécession, la cavalerie fédérale utilisait encore assez largement le mousqueton Springfield modèle 1847. Une tentative précoce de répondre à cette demande avait déjà été faite avec la carabine-révolver Colt. Divers expédients furent suggérés aux soldats pour éviter les accidents de tir. Ce n'est qu'après l'adoption de cartouches rigides en laiton que cette arme atypique est devenue fiable.

Les arsenaux fédéraux n'ayant pas l'expérience technique nécessaire pour produire des armes à chargement par la culasse, l'armée fit appel à l'initiative privée. L'un des modèles qui s'est distingué a été conçu par Ambrose Burnside. Elle allait s'avérer une des armes les plus populaires de la cavalerie nordiste durant les premières années de la guerre. Néanmoins, la plus prisée par les cavaliers des deux camps fut celle fabriquée par la Sharps Rifle Manufacturing Company.

Non contents d'avoir rendu pratiques et fiables les armes à chargement par la culasse, les fabricants se sont penchés de nouveau sur le concept de carabine à répétition. En 1860, Christopher Spencer a présenté un modèle intégrant l'essentiel des innovations des années précédentes. Sa carabine était équipée d'un levier rechargeant et réarmant automatiquement, grâce à un magasin tubulaire à 7 coups installé dans la crosse. Une autre carabine, créée par Benjamin Henry, était encore plus maniable que la Spencer, avec une cadence de tir supérieure.

Assez ironiquement, les armes à répétition ont continué longtemps de susciter la méfiance du département de la Guerre. Dans le même temps, les Amérindiens s'étaient progressivement équipés en armes issus des surplus de la guerre de Sécession et du marché civil.

Le Sud était défavorisé en matière d'industrie, et la fabrication des armes de petit calibre n'échappait pas à cette règle. Tandis que les arsenaux de Richmond et Fayetteville se concentraient sur la production de fusils d'infanterie, quelques armuriers privés fabriquèrent des carabines de leur crû. Cette dernière, très appréciée du cavalier sudiste, fut la plus abondamment produite. En dehors des carabines, la cavalerie des deux camps utilisera aussi des armes blanches.

Armes utilisées pendant la guerre du Vietnam

Bien que la production de ce Colt ait été arrêtée en 1942, c'était l'arme de poing réglementaire pendant la Seconde Guerre mondiale. Largement utilisé en Corée, il est resté le favori des officiers et des forces spéciales pendant la guerre du Vietnam. Le modèle 10 est un revolver de calibre .38 Special à six coups en double action, fabriqué par Smith & Wesson. Au Vietnam, l'USAF, la police militaire, des marins ou encore certains pilotes d'hélicoptère portaient des revolvers Smith & Wesson modèle 10, mais également d'autres modèles comme le modèle 15.

Exclusivement utilisé au Vietnam par les US Navy SEALS, le Hush Puppy a été spécialement conçu pour eux par Smith & Wesson sur base du pistolet modèle 39. De par sa conception, le Hush Puppy pouvait supporter sans encombre l'immersion souvent nécessaire pour les missions des SEALS.

Le pistolet mitrailleur Thompson, dans la version M1 A1, a été largement utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale par l'armée américaine. Au début de la guerre du Vietnam, il était toujours en service et les stocks existants ont été utilisés pour équiper les forces de l'ARVN.

Le pistolet mitrailleur M3 A1 provenait de l'adaptation de la version initiale M3 développée pendant la Seconde Guerre mondiale pour remplacer le Thompson M1 A1. Durant la guerre du Vietnam, ce modèle était en service au sein des troupes blindées. Le PM M3 A1 est avant tout très rustique, mais il présente des qualités importantes grâce notamment à son côté très compact et à une cadence de tir lente assurant une grande stabilité.

Le Walther MPK de fabrication allemande a été utilisé au Vietnam par les US Navy SEALS. Le modèle MAC-10 était un pistolet mitrailleur américain qui n'a été produit qu'à faible échelle. Gordon B. Ingram a conçu cette arme en 1964. Ce modèle était compact et sa crosse était totalement amovible.

Le M1 Garand est un fusil semi-automatique devenu en 1936 le fusil standard de l'armée américaine. Utilisé sur les champs de bataille de la Seconde Guerre mondiale et durant la guerre de Corée, il a été progressivement remplacé à partir de 1957 par le fusil d'assaut M14. La carabine US M2 tire son origine du modèle US M1 initialement développé pour remplacer le pistolet chez les soldats non combattants de l'armée US au début des années 40. C'est cette version qui fut présente dans les mains des troupes américaines au Vietnam.

Le fusil à pompe Winchester modèle 1897 est le premier fusil à pompe ayant connu du succès. Les forces armées américaines ont utilisé une version à canon court pendant la Première Guerre mondiale. Les modèles de fusil à pompe Ithaca 37 utilisés au Vietnam étaient soit des "riot guns" anti émeute, soit des "trench guns" de tranchée.

L'arme Browning Automatic Rifle M1918A2 est très performante. Durant la Seconde Guerre mondiale, le modèle A2 fut le FM standard de l'armée américaine.

Premier fusil d'assaut de l'armée américaine, le M14 a été adopté en 1957 et produit à partir de l'année suivante en remplacement du M1 Garand. Il fut le premier fusil d'assaut de la guerre du Vietnam massivement distribué aux troupes US et de l'ARVN avant le remplacement progressif à partir de 1967 par le M16.

Le fusil M16A1 fut l'arme individuelle réglementaire de l'armée américaine au Vietnam à partir de 1967. Il possédait une cadence de tir et une vitesse initiale élevées, ce qui lui donnait une grande efficacité dans les combats rapprochés. Il connut beaucoup de problèmes d'enrayement au début de son introduction. Le problème fut finalement résolu en dotant le M16 d'une chambre chromée facile à nettoyer et en distribuant aux soldats un kit d'entretien adapté.

Pour satisfaire la demande de nombreuses variantes courtes du M16A1, le modèle XM 177 E2 était muni d'un canon mesurant seulement 292 mm. Le M63A1 était une arme de conception révolutionnaire, inventée par Eugène Stoner, également à l'origine du M16.

La situation actuelle : Violence et débats

Parvenir à lutter contre les armes à feu est un défi crucial aux États-Unis. Chaque mois, les États-Unis sont endeuillés par de nouvelles fusillades de masse, des tueries faisant au moins quatre victimes, mortes ou blessées. D'après un rapport publié en septembre 2022 par Gun Violence Archive, les victimes ont atteint un total de 1 420 depuis le 1er janvier 2022, dont 293 morts et 1 127 blessés. Bien que les fusillades de masse dans les écoles/supermarchés/églises attirent davantage l'attention des médias, les dégâts causés par les armes à feu sont bien plus nombreux au sein des foyers et des maisons. Les armes à feu sont donc un véritable fléau aux États-Unis, qui connaît un taux d'homicide par armes à feu en moyenne 25 fois plus élevé que celui d'un autre pays développé.

Au cours des 145 premiers jours de 2022, les États-Unis ont connu 213 fusillades de masse. Le fait d'avoir accès aux armes à feu aux États-Unis triple le risque de suicide. Aux États-Unis, il y a plus d'armes en circulation que de citoyens.

Le 14 mai, le pays a été secoué par la tuerie de Buffalo, où dix personnes, dont une majorité d'Afro-Américains, ont été abattues par un jeune suprématiste blanc de 18 ans. Le 24 mai, un autre jeune de 18 ans a tué 21 personnes (dont 19 enfants) dans une école d'Uvalde au Texas. Le 1er juin, un homme a tué au moins quatre personnes dans un hôpital de Tulsa, dans l'Oklahoma. Le 9 juin, une autre tuerie a provoqué la mort de trois personnes à Smithburg dans le Maryland.

L'année 2020 a grandement participé à la hausse de cette criminalité. L'ATF constate une augmentation de 64 % du nombre d'armes vendues. Pour les autorités de santé, la pandémie a joué un grand rôle dans cette hausse.

Les causes de la violence armée sont multiples :

  1. Le droit d'accéder aux armes à feu est un droit constitutionnel, garanti par le Second amendement (ratifié en 1791).
  2. Les armes à feu font partie intégrante de la culture américaine.
  3. Le lobbying pour les droits des armes à feu est bien plus fort que celui pour le contrôle des armes à feu.

Les États-Unis assistent tout de même à une vague de criminalité particulièrement importante depuis plusieurs années, due à un sentiment d'anarchie/de désordre qui découle notamment de la violence policière, et à un sentiment d'isolement et de frustration exacerbé par la pandémie. Certains affirment même que cette relation singulière que les États-Unis tiennent vis-à-vis des armes à feu relève d'une forme sombre de l'exceptionnalisme américain.

Des solutions sont envisagées, comme l'application de « buyback programs » (programmes destinés à racheter les armes qui sont actuellement en circulation) et une vérification plus efficace des antécédents.

Le 11 avril 2022, Joe Biden a durci la réglementation des armes dites « fantômes ». Le 24 juin 2022, Joe Biden a signé une loi qui permet enfin de renforcer le contrôle des armes à feu dans le pays.

Des manifestations « March for Our Lives » ont eu lieu en 2018, en réaction à la fusillade de Parkland.

Le 27 mars 2023, une fusillade dans une école primaire de Nashville, dans le Tennessee, a relancé le débat sur le port d'armes.

Le deuxième amendement

Le deuxième amendement de la Constitution des États-Unis de 1787 dit de manière très explicite que le droit au port d'armes est permis, mais dans le cadre d'une « milice ». Les opposants au port d'arme expliquent depuis toujours qu'il y a une surinterprétation de cet amendement. En revanche, les pro-armes le prennent à la lettre en récupérant l'histoire américaine à leur compte : les colons se sont défendus par les armes contre les Britanniques, permettant la naissance des États-Unis.

Bien que la Constitution ne prévoie pas de limites, Barack Obama s'oriente vers une restriction de certains types d'armes. Toutefois, si le lobby tout-puissant qu'est la NRA est hostile à une restriction du port d'armes, une telle loi ne passera pas. Par ailleurs, si le président américain peut faire des lois, elles risquent d'être retoquées par la Cour suprême qui les déclarerait non constitutionnelles, en vertu du deuxième amendement.

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