L'histoire de Farid Tir est une saga complexe qui entrelace criminalité, famille et une quête de rédemption. De ses condamnations pour trafic de drogue aux tragiques événements qui ont frappé sa famille, cet article explore les différents aspects de sa vie.
L'ascension et la chute d'un braqueur
En mars 2001, Farid Tir, lourdement armé, le visage découvert et agissant souvent seul, commet au moins huit braquages de banques. Cette série d'actes criminels marque le début d'une saga judiciaire qui le mènera d'un tribunal à l'autre. En juillet 2008, une saga judiciaire commence pour lui, qui le conduit d'un tribunal à l'autre.
Malgré une condamnation à dix-huit ans de prison par contumace en 2006, suite à son évasion de l'hôpital d'Amiens en mai 2005, la cour d'assises du Nord a revu cette peine à la baisse. Les jurés l'ont finalement condamné à dix ans de réclusion criminelle pour cinq braquages et deux car-jackings commis en 2001 et 2002 dans le Nord et en Belgique. Son avocate, Me Laura Campisano, s'est dite satisfaite, soulignant que le jury avait suivi son raisonnement en relaxant son client pour trois braquages.
Toutefois, malgré ces trois ans de détention provisoire déjà effectués, Farid Tir, âgé d'une quarantaine d'années, était loin d'être tiré d'affaire. Suite à son évasion de 2005, il avait également été condamné à quinze ans de prison par la cour d'assises d'Amiens, une peine dont il a fait appel.
L'absurdité fiscale : Imposer un détenu sur le point d'être libéré
L'histoire de Farid prend une tournure singulière lorsque, à seulement 15 jours de sa libération, il reçoit un courrier de la direction générale des finances publiques. Cette mise en demeure du fisc lui réclame 23 933 euros d'impôts sur le revenu et 15 227 euros de prélèvements sociaux.
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Cette imposition, rapportée par Le Monde, est basée sur les biens saisis lors de son arrestation : 305 grammes de résine de cannabis, 60 700 euros en liquide, sa voiture et son scooter. Elle s'appuie sur une loi de 2009 visant à soumettre les activités occultes licites à un régime fiscal plus rigoureux que les activités illicites.
L'Observatoire international des prisons qualifie cet acharnement fiscal d'absurde, soulignant qu'il entrave les nombreuses démarches de réinsertion de Farid. En prison, il ne s'est guère enrichi, et cette dette inattendue compromet ses chances de reprendre une vie normale.
La guerre des clans et les règlements de comptes à Marseille
La vie de Farid Tir est inextricablement liée à la guerre des clans qui ravage la cité phocéenne. Une scène improbable, début avril, dans les couloirs de l’Évêché à Marseille, illustre cette réalité. Les enquêteurs de la brigade criminelle y ont réuni les meurtriers présumés de Karim Tir et les auteurs présumés de l’assassinat de Lakhdar Medjou.
Ces équipes de tueurs présumés sont soupçonnées d’être affiliées à deux clans : celui des Remadnia et celui des Tir et des Berrebouh. Ils s’affrontent dans une guerre sans merci pour le contrôle du juteux trafic de drogue de quatre points de vente de la cité Font-Vert, située dans le XIVe arrondissement, au cœur des quartiers Nord.
Policiers et magistrats estiment que cette lutte sanglante serait à l’origine de 17 règlements de comptes et 5 tentatives, ayant entraîné la mort de 18 personnes et fait 10 blessés depuis 2010. Parmi les victimes, plusieurs membres du clan Tir ont été touchés.
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Chronologie des événements tragiques
- 27 avril 2011 : Saïd Tir, 60 ans, est abattu.
- 5 avril 2012 : Ilias Remadnia, 25 ans, est tué.
- 6 jours plus tard : Farid Tir est exécuté.
- 26 mars 2014 : Hichem Tir est la cible d’une tentative de meurtre à Beauvais.
- Quelques semaines plus tard : Mehdi Berrebouh, 27 ans, est abattu sur l’A7.
- Dans la foulée : Karim Tir, frère aîné d’Hichem, est assassiné à Asnières.
- 18 juillet 2014 : Zackary Remadnia, 24 ans, est tué.
Eddy Tir, cousin de feu Karim Tir, a été mis en examen pour ces faits qu’il aurait commandités depuis sa cellule de prison. Les policiers marseillais s’attendent encore au pire avec la libération prochaine de Mehdi Remadnia, 33 ans.
Le clan Tir : Entre intégration réussie et dérive délinquante
L'histoire des Tir ne se limite pas aux faits divers et aux règlements de comptes. C'est aussi un récit d'intégration réussie et de dérive délinquante, de destins tranquilles et de trépas violents.
La saga familiale plonge ses racines dans les montagnes des Aurès, en Algérie. Son héros est Mahboubi Tir, né en 1915, fils d'un notable local. Dans les années 1950, Mahboubi et sa famille s'installent à Marseille, où il ouvre un commerce d'alimentation. Il devient une figure respectée du quartier, offrant crédit et conseils à ses voisins.
À la mort du patriarche, un autre homme de la famille, Saïd Tir, se fait un nom dans le banditisme. Spécialisé dans les machines à sous et le trafic de stupéfiants, il est assassiné en 2011. D'autres membres du clan, comme Farid et Eddy Tir, suivent ses traces, plongeant dans la criminalité.
Malgré ces dérives, l'immense majorité des membres du clan Tir est inconnue des services de police. Certains, comme Rachida Tir, se battent pour offrir aux jeunes des cités un avenir meilleur.
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Farid Berrahma et les évolutions du grand banditisme marseillais
Parallèlement à l'histoire de Farid Tir, il est important de mentionner Farid Berrahma, une figure marquante du grand banditisme marseillais. Véritable trait d'union entre le "Milieu tradi" et le "Milieu des cités", Berrahma a connu une trajectoire atypique, à cheval sur deux générations et deux modèles criminels.
Son parcours est symptomatique des évolutions du grand banditisme sudiste dans les années 1990-2000. Il a été impliqué dans les guerres des machines à sous, les conflits des boîtes de nuit, l'explosion du trafic de haschich et de cocaïne, les vols à main armée et l'émergence du Milieu des cités.
Berrahma a gravi les échelons du banditisme, s'associant à des figures comme Antoine Cossu et Saïd Tir. Il a également développé des contacts en Espagne, sur la Costa del Sol, plaque tournante du trafic de drogue en Europe.
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