Big Guns, également connu sous le titre Les Grands Fusils, est un film policier italo-français réalisé par Duccio Tessari, sorti en 1973. Ce film, souvent classé dans le genre poliziottesco, met en vedette Alain Delon dans le rôle de Tony Arzenta, un tueur à gages de la mafia sicilienne. L'intrigue se concentre sur la vengeance d'Arzenta après que sa femme et son fils sont tués dans un attentat à la voiture piégée qui lui était destiné.
Contexte et production
Au début des années 1970, Alain Delon était au sommet de sa carrière, une star capable de porter un film sur son seul nom. Populaire en France et à l'international, notamment en Italie, il s'associe avec Luciano Martino, producteur à succès de films de genre italiens. Inspiré par le succès du Parrain, leur collaboration aboutit à Big Guns, un film de mafia avec une touche européenne et un propos ancré dans le cinéma criminel de l'époque.
Delon, en quête de succès financiers rapides, voit dans ce projet une opportunité de renouer avec le cinéma italien. Sa société de production, Adel, s'associe à Luciano Martino, et l'apport de Raymond Danon permet de boucler le financement. Delon s'implique non seulement en tant qu'acteur principal, mais aussi en tant que coproducteur, assurant un contrôle artistique sur le film.
Scénario et thèmes
Le scénario de Big Guns, bien que classique, raconte l'histoire d'un homme de main de la mafia, Tony Arzenta, qui souhaite quitter l'organisation. Ce désir de retraite déclenche une série d'événements tragiques, culminant avec la mort de sa femme et de son fils. Arzenta se lance alors dans une vendetta impitoyable contre ceux qui ont détruit sa famille.
Le film explore des thèmes tels que la mondialisation du capitalisme, la déshumanisation des individus par les organisations criminelles et la violence comme moyen de vengeance. Tessari dépeint une mafia qui ressemble à une grande entreprise, avec des bureaux cossus et des conseils d'administration dans des hôtels prestigieux. La hiérarchie est nébuleuse, reflétant la complexité et l'impalpabilité de l'organisation criminelle.
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Réalisation et style
Duccio Tessari, réalisateur expérimenté dans divers genres, apporte à Big Guns une réalisation efficace et maîtrisée. Le film se distingue par son atmosphère sombre et désespérée, renforcée par la photographie austère de Silvano Ippoliti, qui capture un Milan gris et dangereux. Les scènes d'action, notamment les poursuites en voiture et les fusillades, sont dynamiques et bien orchestrées.
Tessari ne cherche pas à glorifier ses personnages, mais les montre comme des hommes ordinaires pris dans un monde de violence. Le réalisateur met en avant la morale du genre, où les personnages sont contraints de s'autodétruire moralement et physiquement. Big Guns offre un portrait cynique et radical d'un microcosme dévastateur qui broie les individus.
Alain Delon : acteur et producteur
Alain Delon incarne avec puissance et conviction le rôle de Tony Arzenta. Son interprétation rappelle celle de Jeff Costello dans Le Samouraï, mais avec une dimension plus humaine et vulnérable. Delon parvient à transmettre la rage et la détermination d'un homme en quête de vengeance.
En tant que producteur, Delon s'entoure de professionnels talentueux, dont Mario Morra au montage et Silvano Ippoliti à la photographie. Il choisit également Duccio Tessari comme réalisateur, confiant dans sa capacité à réaliser un film de genre efficace et divertissant. Delon apporte sa stature d'acteur et son sens du cinéma à cette production, contribuant à élever le film au-dessus du simple polar de série B.
Distribution
Le casting de Big Guns est un atout majeur du film, avec des acteurs d'origine italienne, française, allemande et américaine. Richard Conte, connu pour ses rôles de mafieux, incarne avec crédibilité le chef de la mafia, Nick Gusto. Carla Gravina interprète le rôle de Sandra, tandis que Roger Hanin et Marc Porel complètent la distribution.
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Musique
La bande originale de Gianni Ferrio contribue à l'atmosphère sombre et mélancolique du film. Les compositions de Ferrio accompagnent parfaitement les scènes d'action et les moments de tension dramatique.
Réception
Lors de sa sortie en 1973, Big Guns connaît un succès en Italie, mais reçoit un accueil plus mitigé en France. La critique française de l'époque ne reconnaît pas la valeur du cinéma de genre italien, et le film est souvent considéré comme un simple sous-Parrain. Cependant, avec le temps, Big Guns est réévalué et considéré comme un polar italien de qualité, porté par la performance d'Alain Delon et la réalisation de Duccio Tessari.
Analyse approfondie de certaines scènes clés
La scène d'ouverture
La scène d'ouverture de Big Guns contraste fortement avec le reste du film. Elle présente Tony Arzenta dans un cadre familial idyllique, soulignant la douceur et la normalité de sa vie avant le chaos. Cette séquence, filmée avec une caméra discrète, crée une intimité poignante et rend la tragédie à venir d'autant plus bouleversante.
La course-poursuite
La course-poursuite est un moment fort du film, où la tension monte crescendo. Tessari utilise des techniques de réalisation innovantes, avec des caméras embarquées et des plans rapprochés, pour immerger le spectateur dans l'action. La séquence est un exemple de la maîtrise de Tessari dans la création de scènes d'action dynamiques et visuellement captivantes.
La fin
La fin de Big Guns est surprenante et témoigne d'une certaine forme de masochisme chez le producteur-acteur principal, Alain Delon. Sans trop en révéler, le dénouement remet en question la notion de vengeance et laisse un goût amer au spectateur.
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