Les Pistolets en plastique : Une comédie noire inspirée de l'affaire Dupont de Ligonnès

Introduction

Le film Les Pistolets en plastique, réalisé par Jean-Christophe Meurisse, est une œuvre cinématographique qui s'inspire librement de l'affaire Xavier Dupont de Ligonnès, un fait divers sordide qui a captivé la France en 2011. Le réalisateur explore la fascination morbide de la société pour les faits divers à travers une comédie noire, cynique et sans concessions. Ce film, dans la continuité d’Oranges Sanguines, pousse les limites du politiquement correct et s'amuse de notre fascination pour le sensationnalisme.

L'intrigue : Enquête amateure et portrait d'une société obnubilée

L'histoire suit Léa et Christine, deux enquêtrices amatrices obsédées par l'affaire Paul Bernardin, un homme qui a tué toute sa famille avant de disparaître. Elles se rendent à Dijon, près de chez lui, pour tenter de trouver des indices. En parallèle, un indicateur pense avoir retrouvé sa trace, le situant dans un avion en direction du Danemark.

Dans une salle d'opération, deux médecins légistes dissèquent la France contemporaine, discutant des productions Netflix, de l'intérêt malsain du public pour les séries sur les tueurs en série et des ragots concernant un célèbre indicateur.

Le film dépeint une société obnubilée par les faits divers, un territoire idéal pour explorer nos névroses et s'amuser de notre fascination pour le sensationnalisme. Les Pistolets en plastique ne manque jamais de surprendre et de décaler notre regard sur ce qui nous entoure : la paranoïa, la violence, les certitudes, l’état de notre santé mentale, etc.

Inspirations et Références

Le film s'inspire de l'affaire Xavier Dupont de Ligonnès, un quintuple meurtre qui a captivé la France en 2011. Il fait également référence à l'arrestation de Guy Joao à Glasgow, pris à tort pour Dupont de Ligonnès.

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Le réalisateur Jean-Christophe Meurisse a expliqué qu'il s'agissait, selon lui, du seul moyen de surmonter une telle horreur : en rire.

Humour noir et catharsis

Le cinéma de Jean-Christophe Meurisse est avant tout cathartique. Plutôt que de pleurer sur le sort de notre société en saturation, il vaut mieux rire de notre monstruosité. Le film peut être perçu comme une forme de catharsis dans lequel Jean-Christophe Meurisse pointe du doigt la violence ordinaire en passant par le rire, le malaise, la paranoïa, la médiocrité et, bien évidemment, la mort.

Meurisse puise surtout dans le registre du mal pour déployer un rire salvateur. "Je crois aux vertus, à la puissance sauvage du rire. C’est notre fusible. J’ai trouvé cela chez Beckett, qui disait que face au pire, il nous reste le rire. C’est mon angle à moi d’opter pour ce rire de résistance."

Personnages hauts en couleur

Le film met en scène une galerie de personnages hauts en couleur, du Danemark à l'Argentine, en passant par Quetigny, qui se retrouvent liés à cette atroce affaire. Parmi eux, on trouve Léa et Christine, deux enquêtrices du dimanche obsédées par Bernardin, des policiers incapables, un suspect à deux doigts de devenir dingue, un tueur en vacances et une voisine à l'interminable monologue raciste.

Tout ce petit monde est ridicule, a quelque chose de méprisable. On rit de celui-ci sans complexe (tout en préférant éviter de se dire qu'on est bien plus proches de ces énergumènes qu'on le voudrait !).

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Léa et Christine sont des symboles de notre curiosité morbide. "C'est une façon de parler à nos propres monstres, de ne pas passer à l’acte. Léa et Christine sont une parabole symbolique : elles sont à l'image de nous tous, lecteurs du numéro spécial du magazine Society sur Xavier Dupont de Ligonnès. Cette fascination là est à interroger.

Une scène particulièrement marquante

Une séquence détonne par rapport à toute l'ambiance générale, c'est celle du massacre de la famille par le mari. C'est filmé froidement, implacablement, sans la plus petite parcelle sardonique. Les bouches ne font que se crisper. D'un coup, on ne rit plus, la fascination se transforme en dégoût. C'est certainement la plus grande force du film : sa capacité à marier humour et gravité, bêtise et réflexion, le tout avec une mise en scène riche.

Mélange des genres

On est à la fois dans la parodie du film policier, dans la comédie sociale, la romance superficielle, avant de virer vers le film d'horreur, gore et implacable. Ce mélange des genres peut déranger, le côté jusqu’au-boutiste du film aussi.

Les Chiens de Navarre

Jean-Christophe Meurisse a fondé en 2005 un collectif mordu de théâtre et d'humour, Les Chiens de Navarre. Il poursuit aujourd'hui son projet corrosif, mêlant improvisation et absurde, et présente son troisième film, Les Pistolets en plastique.

Pour dire d'abord que les héros de l’histoire - des enquêtrices amateurs, un misogyne fan de country, un profileur lymphatiques - n’ont rien ce sérieux ; qu’ils ressemblent à des enfants qui jouent sur des scènes de crime. Pour rappeler surtout que l’un des faits divers les plus marquants de ces dernières années, l’affaire Dupont de Ligonnès, est devenu une histoire que l’on se raconte pour se faire peur. Car tout tourne autour de cette affaire et de notre fascination pour le mal.

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Titre et Affiche

Le titre du film, Les Pistolets en plastique, a été trouvé dans l'urgence. En parcourant le scénario avec la scénariste Amélie Philippe, ils sont tombés sur ce terme et se sont dit que ça sonnait vraiment bien !

L'affiche, accrocheuse, arbore le visage de Xavier Dupont de Ligonnès vieilli : "ce serait quasiment son visage aujourd’hui. C’est aussi un moyen de le débusquer : peut-être qu’il va porter plainte contre moi, et que j’aurai arrêté Xavier Dupont de Ligonnès avec un film !"

Conversations ordinaires

Meurisse a aussi un goût prononcé pour les conversations banales, qu’il veut restituer sans les rendre ennuyeuses. "L’ordinaire dans les dialogues de cinéma ou de théâtre, c’est d’entendre des mots qu’on entendrait pas dans un texte qu’on écrirait, comme 'Mobalpa'. Le choix des mots est un choix d’images, qui nous renvoie aux problèmes d’aujourd’hui." Pour un ennui de qualité, il faut laisser de la liberté aux acteurs. "C’est un processus qui consiste à laisser improviser les acteurs pour qu’ils s’emparent des scènes, et que cela émane d’eux.

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