La Société des Tireurs Mâconnais (STM), forte de ses 144 ans d'existence, est la doyenne des associations sportives de Mâcon. Son histoire est jalonnée de moments de gloire, d'épreuves difficiles et de renaissances. Fondée en 1869, elle a traversé les époques, les guerres et les transformations de la société, tout en conservant sa passion pour le tir sportif.
Les Origines et l'Essor (1869-1939)
C'est M. Dupuis, percepteur de la ville de Mâcon, qui est à l'origine de la création du club en 1869. Un stand de tir provisoire est monté en une semaine, témoignant de l'enthousiasme initial. Fort de ce succès, un stand définitif est livré en juillet 1870 sur Saint-Clément, alors commune à part entière, en bord de Saône, sur un parc immense de sept hectares. Ce parc devient un lieu de convivialité, accueillant promenades à vélo, courses de chevaux et autres activités. Ce lieu donnera son nom à l’actuelle zone du stand.
À cette époque, la Société des Tireurs Mâconnais joue un rôle important dans la préparation militaire. En effet, ces sociétés servaient pour la préparation militaire, même s’il y avait déjà le côté sportif avec des compétitions nationales voire internationales. Le stand de Mâcon est alors considéré comme l'un des plus beaux de France.
La fin de la guerre de 1870 va bouleverser la pratique du tir et des armes. Une réorganisation s’impose : le ministre de la guerre invite chaque commune, chaque village à avoir une école de tir. Celle-ci sera dirigée par les instances militaires et l’armée attribue généreusement matériel et munitions. Les clubs s’organisent et nous les retrouvons dans les principales villes du Département. Les premiers concours ont lieu en 1875 à Chalon puis Tournus, Mâcon, Le Creusot, Montcenis, St Léger sur Dheune, Couches, Autun. Ces clubs disposent d’équipements remarquables où l’ensemble du Tir est enseigné.
La renommée du stand de Mâcon dépasse les frontières. La ville accueille des hôtes de marque et devient un centre important pour les compétitions régionales. En août 1871, la Fête de tir est dédiée à la population suisse qui avait hébergé des soldats français à l'époque de la guerre franco-prussienne de 1870. Cet événement attire 2 000 tireurs suisses, témoignant du prestige de la société mâconnaise.
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L’image montre au second plan le parc du Stand avec son café-restaurant, sa zone de détente, le stand de tir de très belle facture et ses pas de tir construits à partir de 1870. L’ensemble sera très fréquenté par les Mâconnais et des fêtes multiples s’y dérouleront.
L'Union des Sociétés de Tir de France à Mâcon en 1903
La Société des Tireurs Mâconnais est choisie pour organiser la grande compétition de l'Union des Sociétés de Tir de France, qui se déroule du 25 juillet au 10 août 1903. Cet événement prestigieux confirme la place de Mâcon sur la scène nationale et internationale du tir sportif.
Artistiquement parlant, la plaquette en argent réalisée par Charles Marey était de loin la plus remarquable. A l’avers, la Victoire est symbolisée par la couronne de laurier et les palmes qui la traversent, et la force, par le jeune chêne sur lequel sont posées les armes de la ville de Mâcon. Dans la partie droite, la légende sur six lignes “UNION / DES SOCIÉTÉS / DE TIR DE FRANCE / 3ME FÊTE ANNUELLE / NATIONALE ET INTERNATIONALE DE TIR / MACON 1903” est placée au-dessus de la représentation du bâtiment principal du stand de tir de la société des tireurs mâconnais dans lequel se déroulaient une partie des épreuves. Au revers, une jeune femme assise auprès d’un cep de vigne remet les lauriers à un angelot tenant une cible trop grande pour ses petits bras.
En 1903, Alexandre Morlon était encore élève à l’École des Beaux-Arts à Paris mais avait déjà exposé des médailles et plaquettes aux salons des artistes français de 1900 et 1901. Ses professeurs, dont Antonin Mercié, lui avaient inculqué une culture classique dans laquelle allégories et symboles foisonnaient.
Les Épreuves et la Reconstruction (1939-1976)
En 1939, le stand est investi, pillé et sinistré par les troupes de l'Occupation. C'est le début d'une longue pause pour la société, qui continue bon gré mal gré à exercer l’activité de tir. « Les tireurs allaient à droite à gauche », témoigne Paul Ducrozet. Alors qu’il était le seul dans le département, les stands fleurissent ailleurs sans que Mâcon possède un établissement digne de ce qu’il y avait, avant.
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Le 20 octobre 1954, un incendie ravage le stand mâconnais. Les causes de cet incendie restent incertaines, laissant planer le doute sur un acte volontaire. Le toit avait disparu et le bâtiment ne sera jamais reconstruit. Sur le terrain laissé libre par la destruction du stand sera implantée la zone industrielle voisine du port nord. Deux terrains de football verront ensuite le jour sur cet emplacement.
Henri Peyrolier a communiqué une photographie très intéressante à la rédaction du JSL qui était détenue par son père, employé aux Allumettes après la guerre. On y voit les prémices de la zone industrielle du Stand pendant la crue de 1955. Au premier plan de la photo, on voit la société Stogaz créée en 1954. Elle stockait déjà du gaz butane et propane et était raccordée à la route et à la voie ferrée.
Malgré ces difficultés, les tireurs persévèrent. La société est remise en route grâce à l'arrivée de l'ASPTT tir. Cependant, sans stand, la société est obligée de refuser de nouvelles adhésions alors que ce sont quelque 200 personnes qui voudraient s’y inscrire.
La Société des tireurs s’installera en 1975 au stand de Champlevert attendu pendant 20 ans. Problème résolu en 1976, avec la construction du nouveau stand de Champlevert. Pour son inauguration, ce sont des qualifications pour les Jeux olympiques qui sont organisées. Tout le gratin du tir se retrouve à Mâcon.
L'Ère Moderne (1976 à nos jours)
Le nouveau stand de Champlevert marque un tournant dans l'histoire de la Société des Tireurs Mâconnais. Il offre des installations modernes et adaptées, permettant à la société de retrouver son dynamisme et d'attirer de nouveaux adhérents.
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C’est là que se rejoignent encore aujourd’hui les 252 tireurs adhérant à la STM. « C’est 10 % de plus que l’année dernière ; et il y a déjà eu 21 % d’adhésion en plus en 2011 », se félicitent Annick Wexler et Paul Ducrozet. Et si le côté loisirs a pris le pas sur la formation militaire, la société n’oublie pas de se « professionnaliser ».
Le comité actuel, un des plus anciens, fut crée par M. Guy CHAPUIS en 1952, lui succédèrent M. Claude JACQUEMONT, M. André BAGNARD. Le bureau est composé de M.M. Roland REBOUILLAT secrétaire, André PARIZ trésorier ; membres : Mmes Marceline METZGER, Jocelyne PARIZE, Yvonne LE FLOCH, Messieurs André BAGNARD, André PARIZE, Paul DUCROZET, Michel DEPRETZ, Marc PERILLAT, Jean-Yves ROMANN.
Par le biais du Comité, nous avions demandé aux clubs de se présenter ; quelques-uns ont bien voulu nous transmettre leurs documents. De nombreuses associations sportives ont apporté et fourni de précieux renseignements pour permettre la réalisation de ce mémoire.
Vol d'Armes en 2016
Dans la nuit de vendredi 11 novembre au samedi 12 novembre 2016, la totalité des armes de prêt de la société des tireurs mâconnais ont été dérobées. Le préjudice est estimé entre 40.000 et 60.000 euros, et une enquête a été ouverte. Les voleurs ont pénétré dans le stand de tir mâconnais en forçant une issue de secours. Ils ont ensuite réussi à forcer le coffre blindé dans lequel se trouvaient une quarantaine d'armes et de nombreuses munitions, qu'ils ont emportées.
Hommage au Stand de Tir Mythique
Le stand est un édifice mythique voué à l’entraînement des tireurs. Il est construit dans un parc où avaient lieu de nombreuses animations autour du restaurant buvette. Superbe bâtiment, il se trouvait à l’emplacement de l’actuelle zone industrielle du stand. Il méritait donc incontestablement un ouvrage et Dominique Spay, à qui l’on doit déjà un bouquin sur les blasons du Mâconnais, l’a écrit. Il a rassemblé les documents les plus divers sur le sujet et a rencontré des personnes qui ont fréquenté le lieu, tireurs de la société mâconnaise où spectateurs des fêtes organisées dans le parc. Bombardé pendant la dernière guerre, le stand n’a jamais été restauré et c’est celui de Champlevert qui l’a remplacé. L’ouvrage est préfacé par Vincent Lauvergne et Georges Berthoud. La sortie du livre aura lieu début novembre. Format A4, 112 pages, 14,50 € + 5 € de frais de port auprès de Dominique Spay, 138 allée Belle-Vue, 71 960, la Roche-Vineuse.
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