Le quart de finale de l'Euro 2020 entre l'Espagne et la Suisse a été un match riche en émotions, marqué par des performances individuelles exceptionnelles et des décisions tactiques discutables. La séance de tirs au but a finalement souri à l'Espagne, mais le match a soulevé des questions sur les stratégies des deux équipes et la contribution de certains joueurs clés.
Unai Simon et Yann Sommer : Deux gardiens au sommet de leur art
Ce match a été une véritable vitrine pour les gardiens de but. Unai Simon, le portier espagnol, a été élu homme du match, effaçant ainsi sa bourde face à la Croatie. Ses deux arrêts décisifs lors de la séance de tirs au but ont été cruciaux pour la qualification de son équipe. De plus, ses interventions en cours de match ont rassuré sa défense et se sont avérées précieuses. Le but encaissé ne peut lui être imputé, étant le résultat d'un manque de communication entre ses défenseurs. Simon a rappelé son statut de gardien de premier plan.
Yann Sommer, le gardien suisse, a également brillé de mille feux. Certains estiment même qu'il a réalisé la meilleure performance d'un gardien de but dans cet Euro. Ultra-décisif en prolongation, alors que la Suisse évoluait à 10 contre 11, il a réalisé pas moins de 10 arrêts, dont 8 après la 90e minute. Sa performance a été exceptionnelle, mais malheureusement insuffisante pour qualifier son équipe. En fait, Yann Sommer n'est pas loin d'avoir réalisé LE meilleur match d'un gardien dans cet Euro, tous matches confondus, toutes nations confondues.
L'état d'esprit espagnol : Résilience et fidélité au plan de jeu
Malgré un fond de jeu parfois jugé ennuyeux, basé sur la possession de balle et les redoublements de passes, l'équipe espagnole a fait preuve d'une grande résilience. Les joueurs de Luis Enrique ont appliqué le plan de jeu de leur sélectionneur jusqu'au bout, avec une foi inébranlable. Bien que manquant de tranchant et d'intensité par moments, les Espagnols ont su se créer des occasions et ont semblé moins affectés par la fatigue que leurs adversaires. Cette unité autour d'une idée de jeu claire leur a permis d'atteindre le dernier carré d'une compétition internationale pour la première fois depuis leur sacre à l'Euro 2012. Si la siesta espagnole s'installe vite une fois que la Roja a mis le pied sur le ballon, il faut saluer la résilience des joueurs de Luis Enrique, lesquels appliquent le plan de jeu de leur sélectionneur jusqu'au bout. Pas très tranchants, sans beaucoup d'intensité, les Espagnols se procurent des occasions et surtout, se fatiguent beaucoup moins. Tous unis autour de cette idée de jeu à laquelle ils semblent croire dur comme fer, ils se hissent dans un dernier carré d'une compétition internationale pour la première fois depuis leur sacre à l'Euro 2012. Le fond de jeu espagnol est plutôt ennuyeux, fait de redoublements de passes et de jeu de possession à base de tiki-taka.
Les erreurs individuelles suisses : Zakaria et Freuler plombent leur équipe
Si les performances des gardiens ont été remarquables, les erreurs individuelles ont également joué un rôle crucial dans l'issue du match. Denis Zakaria, qui remplaçait Xhaka suspendu, a été malheureux en marquant un but contre son camp dès la 8e minute, détournant une frappe d'Alba. Ce but a été le 10e but contre son camp de cet Euro, un record. La suite de son match a été compliquée, affectée par cette erreur initiale. Même sort que pour son coéquipier du milieu de terrain, avec également une erreur lourde de conséquence à son actif. Lui qui venait remplacer Xhaka suspendu, a été auteur dès la 8e minute, d'un but contre-son-camp en détournant la frappe d'Alba, inscrivant là le 10e but contre-son-camp de cet Euro, plus que lors de toutes les éditions précédentes confondues. La suite de son match n'en sera que plus compliquée.
Lire aussi: Gamo : Analyse Complète
Remo Freuler a également commis une erreur fatale en fin de match. Aspiré par le milieu de terrain espagnol, il a craqué en effectuant un tacle les deux pieds décollés sur Gerard Moreno. L'arbitre a immédiatement sorti un carton rouge, privant ainsi la Suisse d'un joueur important pour la fin du match et la prolongation. Un tel geste à la 77e représente une petite folie. Aspiré par un entre-jeu espagnol plein d'intelligence, il finira par craquer, avec un tacle les deux pieds décollés sur Gerard Moreno. Rouge ou pas, l'arbitre a fait confiance à son oreillette sans aller voir les images par lui-même.
Le plan de jeu de Petkovic : Un choix tactique incompréhensible ?
L'une des grandes interrogations de ce match concerne le plan de jeu mis en place par Vladimir Petkovic, le sélectionneur suisse. Après avoir déjoué les pronostics en éliminant la France en huitièmes de finale grâce à un 3-4-1-2, Petkovic a opté pour un 4-2-3-1 face à l'Espagne, sans raison apparente. Cette modification tactique a affaibli le milieu de terrain suisse, qui était pourtant l'un des points forts de l'équipe espagnole. Très vite les Suisses ne sont amenés qu'à subir, Pedri, Koke et Busquets dictant le jeu au milieu de terrain avec des passes qui transperçaient facilement les lignes suisses. Les joueurs de l'équipe de Suisse ne pouvaiant compter que sur des mouvements individuels et des inspirations de Shaqiri devant. Pour affronter l'Espagne, Petkovic a viré son plan de jeu qui avait parfaitement fait déjouer des Français en huitièmes. Exit le 3-4-1-2, la Suisse passe en 4-2-3-1 sans raison apparente, avec une ligne défensive densifiée mais surtout un milieu de terrain affaibli alors qu'il est l'un des points forts de l'Espagne.
En conséquence, les Suisses ont été contraints de subir le jeu espagnol, Pedri, Koke et Busquets dominant le milieu de terrain et distillant des passes qui transperçaient facilement les lignes suisses. Les joueurs suisses ont dû s'en remettre à des actions individuelles et aux inspirations de Shaqiri pour tenter de créer le danger.
Lire aussi: Exploit historique du Maroc
Lire aussi: Armes à feu en Espagne : histoire et évolution
tags: #tir #au #but #Espagne #Suisse #analyse
