La question de l'armement d'Israël est devenue de plus en plus sensible, en particulier après l'incursion meurtrière du Hamas le 7 octobre 2023 et les pertes civiles qui en ont résulté dans la bande de Gaza. Cet article examine les principaux fournisseurs d'armes à Israël, les quantités fournies et les controverses entourant ces exportations.
Les principaux fournisseurs d'armes à Israël
États-Unis
Les États-Unis sont, de loin, le premier partenaire d'Israël en matière de défense. L'État hébreu est le premier bénéficiaire de l'aide étrangère américaine depuis la Seconde Guerre mondiale. À ce jour, Washington lui a fourni 158 milliards de dollars (en dollars courants non corrigés de l'inflation) sous forme d'aide bilatérale et de financement du système antiaérien Dôme de fer. Entre 2013 et 2022, 69 % des armes importées en Israël provenaient des États-Unis, selon le Sipri, qui fait autorité en la matière.
Ces importations sont en partie financées par les 3,3 milliards de dollars d'aide militaire que Washington alloue annuellement à l'État hébreu, en plus du demi-milliard accordé au titre de la coopération à sa défense aérienne, mais rien ne l'empêche d'en acquérir hors de ce cadre. Après le coup de force du Hamas, Washington a fourni plusieurs milliers de bombes et de missiles guidés à Israël, mais le volume total des importations d'armes en provenance des États-Unis est resté stable en 2023, selon le Sipri.
Les États-Unis autorisent par ailleurs l'armée israélienne à puiser dans l'arsenal qu'ils stockent sur place pour éviter d'avoir à l'acheminer en cas de conflit armé dans la région. Ces cessions permettent à Washington de se passer de l'aval du Congrès. L'« urgence nationale » décrétée par Joe Biden après le 7 octobre a également permis à la Maison Blanche de s'affranchir de l'étape parlementaire pour fournir des munitions à l'armée israélienne.
Depuis les années 1960, l'administration américaine fait en sorte que l'État hébreu dispose d'un « avantage militaire qualitatif » (Qualitative Military Edge) sur ses voisins et les acteurs non étatiques de cette zone, ce qui lui a permis d'être le premier pays de la région à acquérir l'avion de combat furtif F-35, dont Israël possède une cinquantaine d'exemplaires.
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Allemagne
La République fédérale, deuxième fournisseur d'Israël, représentait 30 % de ses importations d'armes entre 2013 et 2022, selon le Sipri, mais les autorisations de livraison ont été multipliées par dix entre 2022 et 2023, et la majeure partie de cette hausse spectaculaire a eu lieu après le 7 octobre. Selon le ministère de l'économie et de la protection du climat allemand, elles ont atteint l'an dernier 326 millions d'euros.
Les armes offensives ne représentent toutefois que 6 % de ce montant (contre un peu plus de 2 % en 2022), d'après l'agence Deutsche Presse-Agentur. Le reste est constitué de « biens militaires » tels que des véhicules blindés ou de transport de troupes et de matériel de protection. Le gouvernement ne communique pas le détail des livraisons, notamment pour que les entreprises allemandes impliquées ne soient pas identifiables.
Autres fournisseurs
Plusieurs autres pays ont également fourni des armes à Israël, bien que dans des proportions moindres :
- Italie : L'Italie a cessé de livrer des armes à Israël après le 7 octobre, a annoncé le 21 janvier le ministre des affaires étrangères, Antonio Tajani. Le pays représentait 5,9 % des importations d'armes conventionnelles entre 2011 et 2020, ce qui en faisait le troisième fournisseur de l'État hébreu, selon une analyse des données du Sipri réalisée par l'organisation non gouvernementale (ONG) britannique Campaign Against Arms Trade (CAAT), qui milite pour l'arrêt du commerce mondial des armes.
- Royaume-Uni : En 2023, le gouvernement britannique a donné son aval à l'exportation en Israël de biens militaires d'une valeur de 42 millions de livres sterling, soit le même montant que l'année précédente. Le secrétaire à la défense, Grant Shapps, le jugeait alors « relativement modeste ». Les informations sur les autorisations accordées depuis le 7 octobre 2023 n'ont pas été communiquées.
- France : La France assure ne pas fournir d'armes « létales » à Israël, mais dit lui livrer seulement de quoi « assurer sa défense », selon le rapport annuel sur les exportations d'armes du ministère des armées publié en juillet 2023. Toujours d'après ce rapport, l'Hexagone a vendu pour 208 millions d'euros de matériel militaire à l'État hébreu depuis 2013, dont 25,6 millions en 2022, ce qui représente 0,2 % du total des exportations de la France cette année-là.
- Canada : Le Canada va cesser de fournir des armes à Israël, a annoncé le 19 mars la ministre des affaires étrangères, Mélanie Joly. Le Parlement avait adopté la veille une motion non contraignante en faveur d'un « cessez-le-feu immédiat » demandant au gouvernement de « cesser l'approbation et le transfert [d'armes à] destination d'Israël ».
- Espagne : « Depuis le 7 octobre 2023, il n'y a eu aucune opération de vente d'armes à Israël », a assuré le 5 décembre le ministre des affaires étrangères espagnol, José Manuel Albares. Selon le quotidien espagnol El Diario, dont l'enquête s'appuie sur les données publiées sur le portail officiel du commerce extérieur, l'Espagne a toutefois exporté pour près d'un million d'euros de munitions en Israël.
- Pays-Bas : La Cour d'appel de La Haye a ordonné le 12 février au gouvernement néerlandais de cesser d'exporter des composants du F-35 stockés au centre régional de distribution du constructeur américain Lockheed Martin de Woensdrecht, dans l'ouest des Pays-Bas. La cour, qui se prononçait dans le cadre d'une action intentée par trois organisations non gouvernementales, a estimé qu'il existe « un risque clair » que les F-35 utilisés par l'État hébreu permettent des « violations graves du droit humanitaire » dans la bande de Gaza.
Controverses et préoccupations
Les exportations d'armes vers Israël font l'objet de vives critiques et de préoccupations croissantes, en particulier en raison du conflit israélo-palestinien et des allégations de violations du droit international humanitaire. Plusieurs organisations non gouvernementales et des acteurs politiques appellent à la suspension des ventes d'armes à Israël, arguant que ces armes pourraient être utilisées pour commettre des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité.
La décision de la Cour internationale de justice (CIJ) du 26 janvier 2024, qui enjoint à Israël « de s'abstenir de commettre des actes entrant dans le champ d'application de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide », a encore exacerbé les tensions entre les fournisseurs d'armes et une partie de leur opinion publique.
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En France, par exemple, des révélations ont fait état de livraisons « régulières et continues » de matériel militaire à Israël depuis le début du conflit à Gaza en octobre 2023, ce qui a suscité des interrogations sur le respect par la France de ses obligations internationales en matière de droit humanitaire.
Le Galil : un exemple d'arme israélienne
Le Galil, célèbre fusil d'assaut israélien, trouve son origine pendant la Guerre des Six Jours. Ce conflit opposa Israël à une coalition de plusieurs pays arabes (Egypte, Syrie, Jordanie et Liban) en 1967. Cette guerre créa le besoin chez l'état hébreux, de s'équiper de fusils plus adaptés au combat en milieu désertique. En effet, les soldats israéliens étaient armés de fusils belges FN FAL, relativement lourds (4,75 Kg ) et qui tiraient une munition 7.62 OTAN. Dans le camp adverse, les soldats arabes, étaient équipés de fusils d'assaut AKM soviétiques bien plus efficients : Plus légers (3,6 Kg), moins chers, chargeurs plus grands (30 coups), avec un recul moindre.
L'inventeur du Galil, Yisrael Balashnikov (Rien à voir avec Mikhail Kalashnikov… Mais quelle coïncidence tout de même !) était un immigré russe qui s'engagea en 1940 dans l'armée britannique puis dans la Haganah, une organisation paramilitaire juive, avant de travailler pour IMI en 1948, peu après la création de l'Etat d'Israël. Balashnikov s'inspira des AKM capturés durant le conflit, mais l'armée préférait adopter le calibre 5.56 OTAN plutôt que le 7.62x39mm russe. Pour ce faire, il fit construire les premiers prototypes de Galil à partir de boîtiers AK, sur lequels étaient montés un canon et un chargeur de Stoner 63. A partir de cette base, Balashnikov ajouta des éléments qui vont considérablement améliorer son fusil.
Pour fabriquer des modèles plus aboutis, Balashnikov s'inspira également d'une autre arme : le RK 62. Il s'agissait d'AK revalorisés, fabriqués par Sako et Valmet, gage de grande qualité. Différents éléments ont été ajoutés à cette base, et constitueront la valeur ajoutée du fusil Galil. Tout d'abord, les organes de visée sont bien meilleurs que ceux de l'AK : La hausse est constituée d'un oeilleton ramené à l'arrière du fût et le guidon est ajustable en dérive. De plus, ils sont luminescents au tritium, ce qui est très utile pour les combats nocturnes.
Le canon est équipé d'un frein de bouche qui permet également de lancer une grenade (avec des munitions adaptées). Un bipied pliant se trouve sous le fusil avec notamment deux fonctions fort utiles : un coupe-barbelés à l'avant, et un décapsuleur à l'arrière ! La partie supérieure du Galil comprend une poignée de transport (ou carry handle ) à l'instar du FAL ou du M60. Le levier d'armement est rendu plus ergonomique grâce à une extension vers le haut. De plus le sélecteur de tir est ambidextre, ce qui est une innovation notable pour l'époque. Le système d'emprunt de gaz a été simplifié pour le démontage et le boîtier est usiné pour l'installation d'un rail sur lequel on peut monter une optique.
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Le Galil a été adopté officiellement par l'armée israélienne en 1972 et mis en service en 1974, au côté des M16 achetés aux américains. Ces fusils sont toujours en service de nos jours, car très appréciés par les militaires et largement éprouvés lors des combats. Plusieurs variantes ont été développées par la suite. On peut citer la version 7.62 OTAN de 1983, destinée à l'export et au marché civil : Ce modèle rencontra un franc succès parmi les armées Sud Américaines (Colombie, Chili, Costa Rica, Bolivie,…) et Africaines (Cameroun, Côte d’ivoire, Djibouti,…). Il s'agit d'une arme de qualité, robuste et précise malgré un poids supérieur à un fusil de sa catégorie (4,6 Kg contre 3,4 Kg pour un M4 par exemple). Le galil est populaire parmi les tireurs sportifs, notamment dans ses versions récentes comme le Galil ACE, très modulable grâce aux rails picatinny, mais aussi plus léger.
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