La Société de Tir de Metz : Une Histoire Riche en Traditions et en Évolution

La Société de Tir de Metz, un nom qui résonne avec l'histoire de la ville et témoigne d'une longue tradition militaire et sportive. De ses origines médiévales à son évolution moderne, cette société a traversé les siècles, s'adaptant aux changements technologiques et sociaux, tout en conservant son esprit de camaraderie et de compétition.

Metz à la Fin du Moyen Âge : Une Cité Fortifiée et Militairement Préparée

À la fin du Moyen Âge, Metz était une cité prospère d'environ 25 000 habitants, protégée par une imposante enceinte urbaine de plus de 5 500 mètres. La défense de la ville était assurée par un système complexe, géré par un collège de sept membres élus, les Sept de la guerre, issus des familles influentes de Metz, les paraiges messins. Créés en 1323, ils disposaient d'un budget important, représentant souvent plus de la moitié du budget de la ville aux XVe et XVIe siècles.

La tradition orale situe la première utilisation d'armes à feu à Metz en 1324, lors de la guerre des Quatre Seigneurs, bien que les sources écrites suggèrent qu'il s'agissait plutôt d'armes de jet. La première preuve fiable d'armes à feu, des bombardes, dans la région de Metz remonte à 1348, lors d'une guerre menée par Metz dans le Saulnois.

À partir de 1430, l'armement messin se diversifie, comme partout en Occident, avec l'apparition de la couleuvrine, puis du veuglaire, de la serpentine et de la haquebute lors du siège de Metz de 1444.

Un inventaire daté de 1508 donne un aperçu précis de l'arsenal messin. Reproduit dans le tome VI de l'Histoire de Metz par les Bénédictins, ce document détaille l'état et l'emplacement des pièces d'artillerie sur l'enceinte, à l'intérieur des tours, des portes et des ponts. À cette époque, la ville possédait un arsenal considérable de 519 pièces, composé de couleuvrines (48%), de haquebutes (31%), de serpentines (9%), de veuglaires (4%), de bombardes (4%) et de pièces diverses. Certains de ces spécimens sont aujourd'hui conservés au Musée de La Cour d'Or - Metz Métropole.

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Afin d'assurer son autonomie dans la fabrication de ces armes, de leurs munitions et de la poudre nécessaire au tir, la cité se dote de plusieurs infrastructures. Entre 1478 et 1506, les Sept de la guerre font construire sur l'île du Saulcy une forge pour la fabrication de pièces d'artillerie. Puis, en 1518, ils aménagent dans une maison de la colline Sainte-Croix, dans l'actuelle rue de l'Abbé-Risse, une fonderie de serpentines. Pour produire de la poudre, les Sept de la guerre font également construire un moulin à poudre sur l'île du Saulcy.

Cet important arsenal, plus important que celui du duc de Lorraine, est comparable à celui des grandes villes du Saint-Empire romain germanique ou à ceux de certains grands seigneurs, comme le duc de Bourgogne.

Les Compétitions de Tir : Une Tradition Ancienne

Les compétitions d'arbalète et de haquebute étaient très populaires aux XVe et XVIe siècles, principalement dans les pays germaniques. Ces compétitions se déroulaient généralement pendant la saison chaude, au niveau local, entre voisins, ou à une plus grande échelle régionale ou interrégionale.

La fête la plus connue est celle qui se tient à Strasbourg en 1576, pour célébrer le centenaire des Guerres de Bourgogne. Les concurrents alsaciens, rhénans, souabes et suisses se retrouvaient au moins une fois par an dans les villes partenaires.

À Metz, la compagnie d'arbalétriers reçoit ses statuts en 1399 : élection de deux maîtres, serment, cotisation, entraînement régulier le dimanche. Elle organise un concours de tir à l'oiseau le 1er mai, avec des invitations et un vin d'honneur.

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L'Évolution des Armes à Feu et leur Impact sur la Société

L'apparition des armes à feu portatives au XVe siècle a marqué un tournant dans l'histoire militaire. Contrairement aux arcs, qui ont une cadence plus élevée et sont adaptés au tir de saturation, ces armes peuvent être manipulées en visant directement la cible. Leur utilisation est bien adaptée à la défense des places fortes, aux embuscades ou à la chasse.

Les pays germaniques ont une avance considérable sur les autres nations dans le développement des armes à feu. Leur excellence guerrière repose sur la combinaison de piquiers et d'arquebusiers. Ces derniers forment près d'un tiers, ou plus, des effectifs des armées de métier.

Le développement de milices bourgeoises ou seigneuriales suit des modalités analogues : les armes à feu sont toujours plus nombreuses, dans des proportions qui n'ont rien à envier aux combattants de métier.

Les Sociétés de Tir : Entre Loisir, Compétition et Préparation Militaire

Les sociétés de tir ont souvent été célébrées à l'échelle locale, mais elles n'ont pas donné lieu à des synthèses régionales. Dans les pays où la tradition s'est maintenue, en Suisse, en Allemagne, en Autriche, il existe des travaux de qualité inspirés par le patriotisme local.

Ces sociétés jouent un rôle important dans la préparation militaire des citoyens. Elles permettent de développer la dextérité et la précision nécessaires au maniement des armes.

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La convivialité est également une composante essentielle de la vie de ces sociétés. Les membres se réunissent pour partager leur passion, échanger des conseils et participer à des compétitions amicales.

Les Infrastructures de Tir : Lieux d'Entraînement et de Rencontre

La pratique du tir nécessite des infrastructures adaptées, des lieux suffisamment vastes et sécurisés sans être distants. Logiquement, pour éviter des dégâts collatéraux, ces lieux sont établis extra muros.

À Metz, en 1564, les arbalétriers disposent d'un terrain sur la grève de la Moselle, le long du rempart, avec « une maisonnette et un cellier à mettre vin joindant », que l'on définit également comme « place close de vive haye ».

Le Tir Sportif de Vitesse à Woippy : Un Exemple de Dynamisme Moderne

Depuis sa création il y a un demi-siècle, le club de tir sportif de vitesse de Woippy fait du bruit, et pas seulement par la voie des armes. L'entité présidée par Gauthier Sallet s'illustre par l'obtention de résultats de haut standing.

Lors d'un après-midi de ce milieu d'automne, des bruits de détonations proviennent de la carrière de Saint-Privat-la-Montagne, petite bourgade située à une quinzaine de kilomètres au Nord-Ouest de Metz. Il n'est pas question de chasse qui vient pourtant de retrouver ses droits, mais bel et bien de tir sportif de vitesse (TSV).

En ce lieu, quelques-uns des cent cinquante licenciés du Revolver Club Woippy sont concentrés de manière maximale pour ne pas rater leurs cibles. Tous, respectent alors scrupuleusement la devise en latin de la Confédération Internationale de Tir Pratique « Dilegencia Vis Seleritas » qui signifie « Précision Puissance Vitesse ».

Gauthier Sallet, le président de l'entité woippycienne : « aime cette maxime qui colle bien à tout le groupe ». Parmi les figures de proue de l'association, Mylène Sallet, huit fois championne de France et vice-championne d'Europe dans la décennie 90, ou encore plus récemment Michel Nasso (champion de France 2013, 2014) et Pierre Volpini (champion de France 2018) viennent garnir les rangs de l'effectif woippycien.

Pour en arriver à ces titres suprêmes nationaux, il a été forcément question de dur labeur. Pour cela, les athlètes ont pu s'appuyer sur les bonnes structures du club qui se trouvent sur les bans d'Amanvillers et de Saint-Privat-la-Montagne, mais aussi sur un encadrement efficace d'une vingtaine de bénévoles formateurs et initiateurs. Ces derniers viennent prodiguer leurs conseils avisés en plus d'assurer leur sécurité. Dans cette discipline, il est compréhensible qu'on ne lésine pas dessus.

Gauthier Sallet le rappelle : « L'arme ne doit pas être orientée vers une direction dangereuse, quand on se déplace et le doigt doit demeurer en dehors de la détente. Si une faute de sécurité est observée, le tireur est directement disqualifié, que ce soit en entrainement ou en compétition. » La rigueur est donc le maitre-mot pour les membres du club créé en 1970 par René Greff -et toujours fidèle au poste- dans le sous-sol de l'armurerie Anton Florch de Woippy.

Depuis ces 52 ans, la présidence est passée entre ses mains puis celle de Richard Davillé et enfin entre celles de Gauthier Sallet en 2011. Voilà onze ans donc que ce dernier s'applique à « continuer à développer le tir sportif de vitesse ». Ces derniers temps, lui et son comité, emploient aussi leur temps au projet d'essayer de récupérer un terrain militaire se trouvant sur la carrière d'Amanvillers pour agrandir le stand existant. Cette manœuvre permettrait, après mise en état, de pouvoir accueillir d'autres licenciés. Les forces de l'ordre pourraient aussi bénéficier de plus de créneaux en semaine pour s'entrainer. Cet agrandissement ne serait pas de trop car le Président du RCW le concède avec un certain dépit : « Nous sommes contraints de refuser des demandes d'inscriptions et beaucoup de personnes désireuses de nous rejoindre sont placées sur liste d'attente. » La place forte mosellane du tir sportif de vitesse est donc victime de son succès.

L'Enseignement de la Précision du Tir au XIXe Siècle

Au milieu du 19ème siècle, l'étude et l'enseignement de la précision des tirs au canon et de la dispersion des points d'impact autour de la cible étaient des éléments cruciaux de la formation des futurs officiers. Bernard Bru, dans son article « Problème de l'efficacité du tir à l'École de Metz. Aspects théoriques et expérimentaux », met en lumière les aspects théoriques et expérimentaux de cette formation.

Les Transformations Urbaines de Metz au Début du XXe Siècle et leur Impact sur la Société de Tir

Au début du XXe siècle, Metz connaît d'importantes transformations urbaines, notamment avec la construction d'une nouvelle gare de marchandises dans la vallée de la Seille. Ces travaux ont nécessité le déplacement partiel du lit de la rivière et la démolition de l'écluse Mazelle.

La construction de la gare de marchandises a également eu un impact direct sur la société de tir de Metz, qui a cédé une partie de son stand situé le long de la Redoute du Pâté sur la rive gauche de la Seille.

Ces transformations urbaines témoignent du développement économique et industriel de Metz à cette époque, mais aussi des défis que doivent relever les sociétés traditionnelles pour s'adapter aux changements de leur environnement.

Le Fort Wagner : Un Vestige du Passé Militaire de Metz

Implanté au sommet d’une colline, le Fort Wagner domine le sud messin à proximité de la commune de Verny. Ce vaste complexe militaire hébergeait plus de 1200 soldats au temps de l’annexion (1871 -1918). Le Fort matérialisait la pointe sud du dispositif et contrôlait la vallée de la Seille, un des points d’accès à la place de Metz.

Aujourd'hui, une association travaille à la sauvegarde et à la restauration de cet ouvrage fortifié. Les visiteurs peuvent découvrir une voie ferrée qui transportait 2 canons à longue portée sur leurs plateformes de tir, ainsi qu'une batterie équipée de 4 obusiers de calibre 150mm et une autre batterie équipée de 4 canons à longue portée de calibre 105mm.

Le Fort Wagner témoigne de l'importance stratégique de Metz dans l'histoire militaire de la région.

Les Valeurs du Tir à l'Arc : Confiance, Patience, Contrôle et Force

Bien que cet article se concentre sur l'histoire de la société de tir de Metz et sur les armes à feu, il est important de mentionner les valeurs associées au tir à l'arc, qui sont également présentes dans d'autres disciplines de tir.

Le tir à l'arc favorise la confiance en soi, la patience, le contrôle et la force. Il permet aux archers d'apprendre à gérer leur enthousiasme et leurs frustrations, et de se préparer à la compétition.

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